Dissertation marot

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  • Publié le : 22 mars 2013
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0Rien de profond en lui, rien d’intime ; mais de là même vient la perfection du type qu’il réalise. Tout en lui tend à la joie, et à la joie de sa compagnie sans laquelle la sienne ne saurait subsister.

Dans les débuts du XVIème siècle, la tendance générale est de revenir au naturel, en insistant sur une communication plus directe avec le lecteur, d'où le développement des genres épîtres ouencore épigrammes. La virtuosité ne disparaît certes pas complètement, mais elle se prend moins au sérieux. Alors que les Grands Rhétoriqueurs de la fin du XVème s'en tenaient encore à une poésie compliquée et souvent érudite, Clément Marot, lui, parvient à s'imposer en faisant la synthèse des traditions et en devenant l'initiateur d'un ton totalement neuf. Dans son Histoire de la littératurefrançaise, de 1894, Gustave Lanson considère qu' « il n'y a rien de profond » chez Clément Marot, et pour cause, ce dernier répond très rapidement au goût nouveau que la poésie va adopter au XVIème puisque son écriture cesse d'être une recherche compliquée pour devenir une distraction mondaine et sentimentale, un passe-temps et un jeu de l'esprit. Ainsi, pour Lanson « tout en [Marot] tend à la joie, età la joie de sa compagnie sans laquelle la sienne ne saurait subsister ». Le critique affirme également que le fait qu'il n'y ait « rien d'intime » chez le poète, en plus de l'absence de profondeur, est justement la source de « la perfection du type qu'il réalise ». Mais alors, comment Clément Marot s'y prend pour proposer une poésie si parfaite, sans toutefois s'attarder sur des sujets profonds,ou intimes, tout en gardant la joie pour seul objectif  de sa réalisation poétique? Afin de répondre à la question, nous nous pencherons dans un premier temps sur l'orientation légère que Marot empreinte dans sa poésie, puis nous nous intéresserons à la perfection du type dont parle Gustave Lanson, avant de nous attarder sur la joie qui semble être une des motivations premières du poète.

Lecritique Gustave Lanson estime qu'il n'y a rien de profond ni d'intime chez Marot. Ces propos s'expliquent sans doute par la plume légère du poète, jonglant avec les mots. En effet les sujets que Clément Marot choisit sont rarement dotés d'une très grande profondeur, toutefois son œuvre n'en reste pas moins remarquablement maîtrisée. C'est ainsi que dans L’Adolescence Clémentine, Marot comprendtrès vite ce qu'on attend de lui à la cour. En effet, la phrase devient plus simple et le compliment galant se formule clairement et non sans des détours allégoriques ou mythologiques. D'ailleurs le poète préfère la forme brève et brillante aux longs poèmes interminables et obscurs. Cette sensibilité, que l'on pourrait qualifier de « naïve », se manifeste par exemple dans les « églogues », où il conteson enfance, et dans les épigrammes amoureuses. D'ailleurs on peut lire dans son Eglogue au roi sous les noms de Pan et Robin une esquisse joliment enlevée de sa jeunesse insouciante, mais également une requête au roi pour obtenir une aide matérielle. Le poète humaniste n'hésite pas à quémander et à chercher à plaire, tantôt pour se tirer d'un mauvais pas financier, tantôt pour se refaire unefortune dilapidée. L'humour est donc efficace, comme dans l'épître Au Roi, pour avoir été dérobé, grâce à laquelle Marot parvient à faire sourire François Ier et à obtenir cent écus d'or de sa part. De plus il utilise la voix de l'élégant badinage, et sort alors de la prétention qui pouvait teinter la poésie du XVème siècle.

TRADUCTEUR = PAS INTIME
La poésie de Marot ne prétend donc pas réaliserune poésie profonde et assume même des sujets badins. Il est vrai que Marot n'est pas intrinsèquement intime, mais nous pouvons cependant relever certains éléments personnels, ponctuant quelques uns de ses poèmes.
Alors que Gustave Lanson considère qu'il n'y a rien d'intime chez Marot, il est possible de discuter cette affirmation. Il est vrai que le travail de traduction du poète n'est pas...