Dissertation sur autrui

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  • Publié le : 22 novembre 2010
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Philosophie: «Autrui peut-il être pour moi autre chose qu'un obstacle ou un moyen?»

D'après une formulation d'Emmanuel Lévinas, «Autrui, en tant qu'autrui, n'est pas seulement un alter ego. Il est ce que moi je ne suis pas : il est le faible alors que moi je suis le fort ; il est le pauvre, il est la veuve et l'orphelin .» Nous voyons donc que la notion d'autrui est vu sous deux angles. Ilest d'une part un autre moi et en même temps ce que je ne suis pas. D'où la complexité quand à savoir comment nous devons nous comporter envers lui. Autrui est à la fois vu comme un objet et également comme un sujet pensant au même titre que le moi. Si nous le considérons comme ce qui est proprement autre à nous, nous pourrions en venir ainsi à agir envers lui comme s'il n'était précisément qu'unmoyen en vue d'une fin ou un obstacle à notre liberté d'agir, à notre développement. Mais si nous concevons autrui comme un autre moi, il est censé de penser que notre rapport s'exercera en fonction de l'idée selon laquelle ce que nous faisons à autrui est ce que nous désirions qu'il nous fasse. A partir de là, et en prenant en compte le rapport de soi avec l'autre en tant qu'alter ego, se posela question de savoir ce que devient autrui pour nous et quel type de relation en découle? Pour y répondre il va nous falloir nous intéresser à cette vision d'autrui en tant qu'obstacle et de moyen, afin de voir ce que cela implique dans nos interactions et ainsi, tenter d'y amener une autre conception et un autre rapport possibles.

En nous rapprochant de la conception émise par Hobbes selonlaquelle l'homme, à l'état de nature, est fait de désirs qu'il cherche perpétuellement à rassasier, apparait en lui des tensions et des frustrations puisque les désirs des uns et des autres se trouvent en confrontation. Ici, autrui est perçu comme obstacle car il est ce contre quoi nous devons nous battre pour parvenir à combler nos désirs. L'homme est donc en lutte avec son semblable, tout lesmoyens sont bons pour parvenir à ses fins et l'utilisation d'autrui en est un comme un autre. Pour réguler ces divergences et ces conflits, il a fallu à l'homme qu'il s'instaure en société, il vit alors en relation avec autrui en permanence et est devenu dépendant de lui. Cependant, n'existant pas un «type d'homme» unique mais une multitude de figures humaines, les relations entre les êtrescontinuent d'être parfois difficiles à gérer et le rapport avec l'autre demeure changeant. Comment, alors, ces approches d'autrui en tant que moyen ou obstacle ont-elles évolué avec l'homme socialisé? Y a-t-il eu émergence d'une autre forme de relation entre les individus, par le fait que la vie en société crée une interdépendance entre ces derniers, et si oui laquelle?

Tout d'abord, au sein de lavie en communauté, la perception que nous avons d'autrui en tant qu'obstacle continue d'avoir du sens mais est moins rude que dans l'état de nature. En effet, ici nous nous référons à Sartre, avec la notion d'autrui apparait le sentiment de honte. C'est par le regard de l'autre que nous jugeons la portée de nos actes et leurs conséquences, c'est par l'autre qui nous jauge que nous nous voyons.Autrui fait entrave à notre être par son regard désapprobateur si, par exemple, l'un de nos gestes lui apparaissait comme impropre tandis que pour nous il était naturel, cela nous pousserait à ressentir un sentiment de honte ou de gêne alors qu'au départ nous jugions notre acte comme quelque chose de banal. Il existe donc une divergence de jugement de nos actes respectifs dû au fait qu'autrui etnous-mêmes sommes deux sujets pensant différemment. Par-là, il peut être obstacle car il exerce une forme de pression à notre égard par son jugement subjectif et peut entraver notre développement personnel. Mais autrui est également la mesure de ce que nous pouvons ou non faire. En ce sens autrui nous permet également d'avoir une vision plus englobante de nous-mêmes, il est, toujours selon Sartre...
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