Dissertation sur julie de lespinasse

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  • Publié le : 5 décembre 2010
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Qu’est-ce donc que l’écriture pour l’être humain ?
Quels sont les moteurs d’une œuvre littéraire ?
Julie de Lespinasse, auteure du XVIIIème siècle avait une opinion tranchée sur la question. Sans être vraiment belle, Julie de Lespinasse était intelligente et surtout très habile à diriger la conversation. Amie proche d’Alembert, elle tenait un salon, où elle se régalait de la compagnied’hommes, mais aussi grands auteurs tel que Condorcet et Turgot.
On a pu dire de ce salon, qu’il fut le « laboratoire de l’Encyclopédie ». Julie, propriétaire des lieux où la production d’écrits foisonnait, était avertie et bien placée, pour nous parler de l’écriture. Mais alors qu’elle était entourée de messieurs très sérieux et surtout soucieux de faire passer leurs savoirs, elle avouait avecenthousiasme qu’elle écrivait par pur plaisir…
Peut-on donc écrire, comme Mlle Lespinasse, seulement par pur plaisir ? Quelles seraient donc les fondements de cette jubilation de l’écriture ?
Mais la motivation de Julie est-elle la seule possible ? Quels moteurs peut avoir la production d’écrit en dehors du plaisir ?
Tout d’abord, l’écriture permet de vivre par procuration, de s’inventer peut être uneautre vie. Plus trépidante, plus colorée, plus libre, plus attrayante que la vie réelle. Ainsi, Ainsi, Agatha Christie, vielle dame fort respectable à la petite vie monotone, tranquille et bien rangée inventa, à partir de 1920, le fantasque personnage d’Hercule Poirot, détective vaniteux qui se trouve confronté à des crimes sensationnellement sanglants et à des meurtriers torturés.Cet honorable sujet de sa majesté, prenait alors un plaisir tout particulier à décrire des crimes diaboliques et terribles, comme dans son fameux roman : Le crime de l’Orient Exprès. Ainsi, Jean Dominique Bauby, enfermé et piégé dans son propre corps par une attaque cérébrale, trouva dans l’écriture, le moyen de renouer avec dessensations de liberté et tout simplement de vie. Il écrivit alors Le Scaphandre et le Papillon, roman narrant sa vie passé, sa liberté perdue. En utilisant de nombreux verbes d’actions, ces actions qui lui étaient alors impossibles : « bouger », « parler », « se lever »...
Voilà une des façons qu’à l’écriture de procurer du plaisir, en permettant à l’écrivain de s’extirper de son quotidien.De plus écrire c’est aussi travailler sur soi-même, se donner du temps pour avancer et grandir psychologiquement et donc se faire du bien. L’écriture se rapproche alors du travail psychothérapique. Ainsi , par exemple, les écrits autobiographiques peuvent permettent à l’auteur d’accomplir son travail de deuil. Martin Grey narre le drame qui a touché à deux reprises sa famille, dans le livreautobiographique : Au nom de tous les miens. Il voit sa famille disparaitre tout d’abord dans les camps d’exterminations nazies, puis dans l’incendie de sa maison. Ce récit lui permet de faire le deuil de ces pertes douloureuses. « Faire que les blessures deviennent, si l’espérance l’emporte sur la souffrance, les veines dans lesquelless ne cessent de battre le vie ». Cette citation montreeffectivement la valeur psychothérapique de l’écriture de ce livre, il veut évacuer la souffrance et continuer à vivre malgré ces tragédies. Albert Cohen illustre également cet exemple, en écrivant Le livre de ma mère, un roman autobiographique entièrement centré sur la relation très particulière qu’il entretenait avec sa mère,leur solitude à deux… Il décrit son chagrin, la douleur et la surprise de perdre un être aussi cher : « Aucun fils ne sait que sa mère mourra ». Ce livre lui permet de faire son deuil. Et d’accepter la mort de sa mère par l’écriture… Ecrire apporte du plaisir, car cela nous fait du bien en nous permettant de continuer à vivre...
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