Dissertation sur la phrase de victor hugo : "mettons le marteau dans les théories, les poétiques et les systèmes. il n'y a ni règles ni modèles"

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  • Publié le : 24 avril 2011
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Dès la première moitié du XIXème siècle, un nouveau mouvement littéraire apparaît : il s’agit du romantisme. Celui-ci s’oppose au classicisme, apparu deux siècles plus tôt. A ce moment là, Victor Hugo écrit dans sa Préface de Cromwell (1827) : « Mettons le marteau dans les théories, les poétiques et les systèmes… Il n’y a ni règles ni modèles. ».
Hugo semble se conformer à ce programme. Enquoi son théâtre est-il une rupture avec le théâtre classique ? Est-il dans la continuité de ce dernier? En quoi est-il nouveau ? Pour répondre à ces questions, nous verrons tout d’abord que le théâtre d’Hugo s’oppose au théâtre classique, puis qu’il est dans le continuité de ce dernier, et enfin, que le théâtre romantique est un genre nouveau, qui innove.

Le théâtre d’Hugo s’oppose au théâtreclassique, car on voit bien qu’il n’y a « ni règles ni modèles ».
Tout d’abord, ce qui caractérise le drame romantique, c’est avant tout le refus des règles. Deux trois unités (temps, lieu action) du XVIIème siècle ne sont pas respectées. Dans Ruy Blas, l’unité de lieu n’est pas suivie du tout. En effet, l’action se déroule dans le palais du Roi à Madrid, puis dans un salon proche de lachambre de la reine, dans la salle de gouvernement du palais royal, et enfin dans l’appartement du héros. Il en est de même pour l’unité de temps, Ruy Blas ne dure pas un jour mais six mois. Les bienséances ont également disparu ; on le constate bien lors du dialogue entre Don Juan et la duègne (allusions à la sexualité).
Ensuite, on voit bien la rupture avec le théâtre classique par le mélangedes genres et des registres. Dans Ruy Blas, l’acte IV fait rire, avec les différents quiproquos qui arrivent entre les personnages, c’est comique, mais l’acte V donne place à la mort du héros, ce qui donne une fin tragique. Le drame romantique est aussi un mélange de registres, on peut voir à la dernière scène du dernier acte de Ruy Blas les registres tragique, pathétique et lyrique mêlés. Legrotesque et le sublime sont aussi respectivement représentés par Ruy Blas et la Reine d’Espagne.
Enfin, le théâtre classique s’inspirait de la mythologie antique, et reprenait ses modèles. Ce n’est plus le cas avec le drame romantique. Dans sa Préface de Cromwell, Hugo parle du théâtre des Anciens, en disant qu’il n’a « aucune coïncidence avec le nôtre ». Chez les Anciens, les règles sont définiespar Aristote, mais aussi les manières du théâtre, son but et autres dans sa Poétique. Des auteurs l’imiteront plus tard, comme Boileau en 1674 dans l’œuvre du même nom, Art Poétique. Cependant, rien n’a été écrit pour le drame romantique, ce qui prouve bien la liberté totale du dramaturge romantique dans son écriture.
Ainsi, d’après tout cela, on peut bien voir que Victor Hugo romptvéritablement avec ses prédécesseurs ; cependant, il s’en rapproche paradoxalement.

En effet, on peut constater que la tragédie classique et le drame romantique, appartenant tous deux au genre théâtral, possèdent certains points communs.
Tout d’abord, la structure d’ensemble de la pièce romantique reprend celle de la pièce classique. Cela est dû à une volonté de réalisme de la part du drameromantique. La vraisemblance, le désir de réalité (mimésis). On a un exemple de mimésis historique : Victor Hugo met en question l'histoire de l'Espagne et invite à une réflexion politique dans l’acte III de Ruy Blas. On peut aussi noter les registres de parole : malgré sa condition de laquais, Ruy Blas s’exprime dans un langage noble et soutenu, comme celui de la Reine.
Ensuite, l’unité d’action estcommune aux deux genres. Dans sa Préface de Cromwell, Hugo écrit : « L’unité d’action est aussi nécessaire que les deux autres sont inutiles. C’est elle qui marque le point de vue du drame, or, par cela même, elle exclut les deux autres, il ne peut pas plus avoir trois unités dans un drame que trois horizons dans un tableau. ». Dans Ruy Blas, l’action tourne sur l’amour du personnage central...
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