Dissertation sur le doute

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 7 (1713 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 10 janvier 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
 Faut-il douter de tout ?

Généralement, le doute désigne un état d’incertitude relative à la réalité d’un fait ou à la vérité d’une proposition. Mais ce n’est pas tout ; le doute caractérise par ailleurs une attitude ou une action ; action qui se traduit par la suspension du jugement.
Dès lors, se demander s’il faut douter de tout revient à chercher si ce que nous considérons comme étant,d’une part, la réalité, d’autre part, la vérité, n’est pas susceptible d’être mis en question.
Le terme de cette recherche permettra alors de résoudre un problème fondamental : celui de l’accès à la réalité et à la vérité et, par-delà, le problème des limites de notre connaissance ; autrement dit, jusqu’où nos connaissances s’étendent-elles ? Est-il possible de connaître ?
Toutefois, poursavoir s’il faut douter de tout, encore faut-il dégager les raisons d’un doute hégémonique. Dès lors, pourquoi faudrait-il douter de tout ? Qu’est-ce qui, d’une part, nous pousserait à douter de tout ? Ce qui revient à nous interroger sur la cause antécédente d’un tel doute ; en vue de quoi, d’autre part, faudrait-il douter de tout ? Question qui porte sur la cause finale du doute. Si les causes dudoute universel se révèlent être d’ordre exclusivement théorique, qu’en est-il de son application pratique ? Faudrait-il alors pratiquement douter de tout ?

Si l’on se penche sur les raisons qui nous entraînent à douter, on s’aperçoit qu’il en est une qui s’impose avec évidence. En effet, il n’y a de doute que là où il y a ignorance. De fait, celui qui sait ne doute pas. Toutefois, celui qui nesait pas et qui ignore ne pas savoir ne doute pas davantage. Il s’ensuit que si l’ignorance est la condition nécessaire du doute, encore faut-il que cette ignorance soit connue. C’est donc lorsque l’on sait ignorer que l’ignorance conduit à la suspension du jugement.
Or quelle est l’étendue de notre ignorance ? Si l’on examine les moyens par lesquels les choses nous sont données, autrement ditles sources de notre connaissance, on s’aperçoit qu’aucune d’elles n’est semble-t-il totalement digne de confiance. Quelles sont donc les sources de nos connaissances ? Elles sont au nombre de trois : tout ce que nous savons, ou prétendons savoir, nous vient soit de la tradition – en général -, soit des sens, soit de la raison. Or, quelle que soit la source par laquelle nous acquérons quelqueconnaissance, aucune d’elle n’échappe, semble-t-il, à la critique ; aucune d’elle autrement dit n’est, semble-t-il, parfaitement fiable ; de sorte qu’il faudrait doute de tout.
C’est précisément ce que montre Descartes dans les Méditations métaphysiques. De fait, des prétendues connaissances acquises par ouï-dire, nombreuses sont celles qui, par la suite, se sont révélées fausses. De même, ce queperçoivent et me donnent à connaître les sens, bref tout ce qui relève de la connaissance a posteriori, prête le flanc à la critique. En effet, non seulement la perception que j’ai des choses lointaines et peu sensibles est fort souvent erronée, mais même les perceptions que j’ai des choses proches et de mon corps propre peuvent être douteuses. Pour justifier un tel discrédit qui porte surl’expérience sensible en général, Descartes recourt au double argument de la folie et du rêve. Rien ne prouve en effet que je ne suis pas fou ou encore endormi, me représentant les choses que je perçois et que j’estime ipso facto être réelles. Enfin, la connaissance a priori elle-même n’échappe pas à l’incertitude, dans la mesure où il se pourrait qu’un malin génie, figure radicale du «  Dieu trompeur », metrompe sur la véritable nature des vérités logico-mathématiques.
En conséquence, de tout ce que nos sources de connaissance nous communiquent, aucun savoir n’est indubitable. De sorte que l’ensemble de nos connaissances ne constituerait qu’un pseudo-savoir, un ensemble de préjugés, c’est-à-dire un ensemble d’opinions incertaines. C’est donc exactement parce que nos connaissances sont mal...
tracking img