Dissertation sur le mal

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  • Publié le : 19 avril 2011
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 Sujet : « Rien de ce qui est donné par la nature à tous les hommes n’est un mal ».  Cicéron
          La présence évidente et incontestable du mal dans le monde oblige les philosophes à s’interroger sur son origine. Parmi les philosophes qui refusent l’idée d’un mal naturel, on trouve Cicéron qui estime que « rien de ce qui est donné par la nature à tous les hommes n’est un mal». Puissancebienfaitrice et mère nourricière, la nature gratifie les hommes de certains dons naturels sains et bénéfiques. Le cadre de vie agréable, les vertus naturelles des êtres vivants ou les facultés naturelles des hommes eux-mêmes comme la santé physique et morale ou encore l’intuition, le désir ou la raison, sont autant de présents de la nature qui, pris en eux-mêmes et employés raisonnablement, necomporteraient aucune forme de mal. Il serait évidemment difficile de ne pas admettre cette bonté foncière de la nature, mais que dire des catastrophes naturelles, de la maladie et de la mort ? Que dire aussi du mal commis par ces êtres naturels que sont les hommes ? Le mal n’est-il pas généré directement par les forces de la nature elles-mêmes sous forme de destruction et de mort, ou indirectement àtravers l’abus  des facultés naturelles de l’homme, sous forme de vices et de crimes ? L’homme n’est-il pas prédisposé naturellement à commettre le mal ?
 Toutes ces questions relativisent la bonté naturelle  originelle et font supposer la présence d’un mal latent au sein de la nature et de ses œuvres. Dès lors, comment pourrait-on définir le rapport entre la nature et le mal ? On sera amené àmontrer que les dons naturels ne sont pas des maux, mais que le mal fait pourtant partie de la nature, ce qui conduit à reconsidérer le mode de coexistence du bien et du mal dans le système naturel.   
 
 
           Les hommes sont des êtres naturels dotés de qualités et de facultés utiles et bénéfiques et ils vivent dans une nature généreuse et harmonieuse où le mal semble être complètementabsent.
           Il semble en effet que tous les dons de la nature sont profitables pour l’humanité et ne renferment aucun mal. Examinant le milieu physique qui sert de cadre de vie à l’homme, le Vicaire de Rousseau  remarque que « la nature » offre un tableau d’ « harmonie et de proportion » où « le concert règne entre les éléments » (p.70). La nature n’offre ni déséquilibre ni conflit, tout cequ’elle contient est initialement bon et vertueux. On retrouve cette bonté originelle chez le personnage de Macbeth qui apparaît au début de la pièce comme une force de la nature, guerrier vertueux et loyal, doté de qualités physiques et morales remarquables. En plus de son courage au combat, il est profondément humain, comme le montre le portrait qu’en fait sa femme : « mais je crains ta nature, troppleine elle est du lait de la tendresse humaine. » (p.79).  Macbeth n’a pas une nature mauvaise et ne semble pas capable de trahison ni de crime. On pourrait dire la même chose de Thérèse qui est décrite à plusieurs reprises comme une belle jeune femme dont le physique d’enfant innocente suggère aussi  les charmes de la femme : « j’étais bien servie par la nature » se réjouit-elle. (P. 308.). Lesdons de la nature, qu’ils soient physiques ou moraux ne semblent pas être des maux.
         La nature semble donc bonne et par conséquent, le mal semble être contradictoire avec l’harmonie,  la bonté et la générosité naturelles. Commentant le meurtre du roi, le noble vieux écossais s’écrie : « contre-nature, à l’image du faucon frappé et tué par une chouette à souris en plein vol. » (p.133).Et plus loin, le médecin épiant Lady Macbeth  somnambule et délirante, conclut que « des actes non naturels créent des troubles non naturels.» (p.225). Le crime n’est pas un acte naturel, c’est pourquoi, il produit un dérèglement de la nature des êtres. Le vicaire de Rousseau, se tournant vers la société humaine, déplore l’état de confusion, de désordre et de misère qui y règnent : « je vois le...
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