Dissertation sur sylvie de flaubert

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  • Publié le : 12 décembre 2010
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Un Coeur simple est la première nouvelle d'un recueil nommé Les Trois Contes publié dans son intégralité le 24 avril 1877. Flaubert y représente une paysanne dont le nom Félicité semble annoncer aux lecteurs une vie aux joies et bonheurs successifs. Pourtant, dès le début on se rend compte que l'auteur ne répond pas aux horizons d'attente provoqué par le nom de la jeune femme. Ainsi dans salettre à Mme Roger des Genettes du 19 Juin 1876, il déclare: «  L'histoire d'un coeur simple est tout bonnement le récit d'une vie obscure » .
Dans la Correspondance que Flaubert avait entretenue avec George Sand, on retiendra ce désaccord sur le rôle de l'auteur dans son oeuvre, en effet Sand pensait qu'un auteur se devait de refléter sa moralité dans son oeuvre, alors que Flaubert, cultivait leculte de l'impersonnalité, c'est à dire un effacement de l'auteur dans l'oeuvre. Le 31 décembre 1875 Flaubert met fin au débat en affirmant: « l'homme n'est rien, l'oeuvre est tout »; George Sand lui répondra dans une lettre du 12 janvier 1876 : «L'Education sentimentale a été un livre incompris(...) Il y fallait ou une courte préface ou, dans l'occasion, une expression de blâme, ne fût-ce qu'uneépithète heureusement trouvée pour condamner le mal, caractériser la défaillance, signaler l'effort ». Un coeur simple semble alors répondre en 1876 à ce que l'amie de Flaubert lui reprochait, un manque de « prise de risque » , d'intrusion de soi dans son oeuvre, et en particulier, un manque d'explication donnée au lecteur pour pouvoir juger et comprendre une oeuvre. Ainsi il convient de nousdemander ici en quoi l'auteur livre en réalité beaucoup plus que le portrait d'une femme résignée au malheur mais bien une vision pessimiste déclinée dans une ambivalence entre explicite et implicite.
Il convient donc tout d'abord de voir en quoi Félicité est un personnage qui passe d'illusion à désillusion, puis de s'attarder sur le tableau de la société dépeint ici, et enfin de discuter la possibilitéd'un espoir porté dans cette nouvelle, celui de l'amour.

Le passage d'illusion à désillusion s'illustre à travers la structure de la nouvelle, pour Flaubert, c'était le moyen de faire un axe narratif qui soit événementiel, c'est à dire, que chaque événement les uns après les autres puissent se suivre et s'enchaîner de manière causale. Ainsi, lorsque Félicité semble à deux doigts de toucheraux bonheurs de l'amour et du mariage, Théodore l' abandonne, et c'est le commencement d'un enchainement de malheurs. Alors qu'elle noue une relation d'affection avec son neveu Victor, celui part pour un « voyage au long cours » et meurt dans le troisième chapitre, puis se succèdent la perte d'autres êtres chers, Virginie, son perroquet et enfin sa maîtresse. Tout illustre que la vie de cettefemme est noire. Flaubert décrit ainsi son personnage souvent vue à travers les yeux des autres personnages, en particulier de sa maîtresse Mme Aubain, on retient alors cette expression « Mon Dieu! Comme vous êtes bête !»[1] . L'ambivalence crée entre cette vision d'une servante bête et assez automate pousse alors le lecteur à percevoir le personnage de façon pessimiste puisque non seulement elle perddes êtres qu'elle aime mais elle n'obtient pas non plus une reconnaissance réelle pour tout l'effort qu'elle fournit dans sa tâche de servante.
Ainsi, si Félicité passe d'illusion à désillusion, il en est de même pour le lecteur. En effet l'auteur dès les premières pages introduit une ambivalence. Félicité est décrite comme une femme serviable et dévouée, que toutes les « bourgeoises de Pontl'Évêque envièrent à Mme Aubain »[2], pourtant on remarque tout de suite après, que cette servante enviée des autres est déshumanisée à travers l'énumération de ses actions, de ses tâches, « elle faisait la cuisine et le ménage, cousait, lavait, repassait...» (p13), ce qui indique implicitement que Félicité n'est pas au service de sa propre personne, mais entièrement au service d'autrui. À travers...
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