Dissertation sur l'evolution du personnage de roman

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  • Publié le : 4 juin 2010
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Dissertation sur le personnage de roman

« Selon toute apparence, non seulement le romancier ne croit plus guère à ses personnages, mais le lecteur, de son côté, n’arrive plus à y croire. »
Vous discuterez cette opinion de l’écrivain Nathalie Sarraute sur l’évolution du roman en vous appuyant sur des exemples tirés des textes du corpus, sur les œuvres étudiées en classe, ainsi que sur vosattentes de lecteur.

Introduction :

Alors que le XIXème siècle consacre le genre romanesque avec des écrivains comme Balzac, Flaubert ou Hugo, le XXème siècle le remet violemment en cause, en ébranlant certains de ses fondements comme celui, fondamental, du personnage. C’est dans ce contexte que Nathalie Sarraute, écrivain phare du Nouveau roman, écrit dans son célèbre manifeste L’Eredu soupçon paru en 1964 : « Selon toute apparence, non seulement le romancier ne croit plus guère à ses personnages, mais le lecteur, de son côté, n’arrive plus à y croire ». Ainsi, le personnage romanesque serait confronté à une crise de confiance et aurait, au fil du temps, perdu tout crédit vis-à-vis des deux instances essentielles que sont le lectorat et le romancier. Or, si tel est le cas,cela reviendrait à dire que le personnage est en voie de disparition voire qu’il a disparu. Selon Sarraute, les lecteurs et les romanciers ont perdu toute confiance en le personnage, pourtant, ils n’en continuent pas moins à lui porter un réel intérêt : c’est donc qu’il n’est pas mort, mais que certains paramètres ont donné lieu à une évolution.

I/On ne croit plus au personnage romanesque : unpersonnage peu fiable
1) Les personnages : repères essentiels dans la littérature traditionnelle.
En regard des personnages de la littérature dite traditionnelle ou classique, le personnage moderne semble peu bien de choses. Personnages principaux ou secondaires : Des Grieux ou Tiberge dans Manon Lescaut dotés d’une réelle psychologie, animés de passions, parfois de vertus (Tiberge= l’ami idéal)ou qui sont solidement ancrés dans une histoire comme le père Grandet, dont le romancier Balzac dresse un portrait très documenté qui s’appuie sur un lieu, une époque, qui a un passé, un avenir, une descendance, une généalogie.
2) La remise en cause du personnage (du côté du romancier):
il a été sciemment déconstruit par certains romanciers (le Nouveau roman) : les romanciers des années 50, ceuxqui ont participé au mouvement appelé le « Nouveau Roman » ont remis volontairement en cause le personnage romanesque auquel ils ne croyaient plus. Robbe-Grillet, dans son manifeste Pour un Nouveau roman, paru en 1964 a même été jusqu’à proclamer que le personnage romanesque était « mort » et qu’il s’agissait d’une notion « périmée » épousant ainsi les mouvements de l’histoire, avec le souvenirtrès récent de la seconde guerre mondiale, qui a mis en lumière la faillite de l’humanité : dans cette perspective, le personnage n’avait plus aucune raison d’être plus humain qu’un homme soumis au hasard. De ce fait, les nouveaux romanciers s’appliqueront à déconstruire la notion de personnage traditionnel au même titre que celle de lieu, de temps ou d’intrigue : le personnage devient alors unsimple élément au même titre que le décor. Les personnages sont désormais sans histoire et quasiment privés d’identité : dans La Jalousie, Robbe-Grillet appelle le personnage féminin « A. » Plus loin de nous, Diderot au XVIIIeme siècle remet en cause le genre romanesque et refuse de construire des personnages traditionnels : dès le début, il indique qu’il n’y a aucun intérêt à savoir commentJacques et son maître se sont rencontrés « comme tout le monde » et il ne donne pas son nom « Comment s’appelaient-ils ? Que vous importe ? »

3) Le lecteur peut être déstabilisé par des personnages en vogue depuis le XIXème siècle :
Le personnage moderne est souvent décevant, banal, voire un anti héros : Georges Duroy, dans Bel-Ami de Maupassant apparaît comme un être cynique, sans scrupules,...
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