Dissertation violence

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  • Publié le : 1 mai 2009
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BLONZ François Dissertation vacances de Pâques. " Il avait été égorgé et, dans sa bouche, cette boursouflure livide était son sexe entier. (...) A l'aube, quand ils étaient remontés au camp, Cormery avait dit que les autres n'étaient pas des hommes. Levesque, qui réfléchissait, avait répondu que, pour eux, c'était ainsi que devaient agir les hommes, qu'on était chez eux et qu'ils usaient detous les moyens. Cormery avait pris son air buté. "Peut-être. Mais ils ont tort. Un homme ne fait pas ça". Levesque avait dit que pour eux, dans certaines circonstances, un homme doit tout se permettre et tout détruire. Mais Cormery avait crié, comme pris de folie furieuse : "Non, un homme ça s'empêche. Voilà ce qu'est un homme, ou sinon...". Albert CAMUS, Le premier homme, Gallimard, 1994, p. 66Les atrocités commises par les nazis durant la seconde guerre mondiale, celles commises par certains militaires français durant la guerre d'Algérie, par les Américains au Vietnam ... (les exemples ne manquent pas) soulèvent l'opinion publique et nous questionnent sur l'humanité de ces tortionnaires. Pourtant, il n'est pas rare que dans certaines circonstances un individu se laisse aller à desviolences similaires. Les discours lourds de sous-entendus de certains politiciens négationnistes actuels en témoignent, quel serait leur comportement sans les barrières imposées par la loi ? Quelles circonstances particulières pourraient justifier de tels actes de barbarie? " Il avait été égorgé et, dans sa bouche, cette boursouflure livide était son sexe entier." L'homme civilisé, vivant ensociété, n'est-il pas tenu de "s'empêcher" pour que toute "convivance" soit possible? Pourtant la sécurité, la résistance à l'oppresseur... nécessitent une certaine violence, c'est indiscutable, quel rôle joue alors l'Etat? Jusqu'où peut-il aller? L'actualité est là pour nous rappeler que même l'être humain apparemment le plus honnête qui soit est capable des pires atrocités à l'encontre de sessemblables. Pourquoi, récemment, un honnête père de famille a "jeté la première pierre" sur un individu d'origine maghrébine et a déchainé sur lui les badauds présents? Celui-ci était soupçonné par cet homme d'être un violeur. Il a terminé sa journée à l'hôpital dans un état critique, défiguré, souffrant de multiples fractures et sans la certitude de pouvoir un jour remarcher. Il s'avéra que le jeune hommeétait innocent. A la place du père de famille, qu'auriez vous fait? L'exemple est encore plus frappant lorsque que l'on étudie certains témoignages de vétérans du Vietnam ou certaines "lettres de poilus". Il apparait que dans certaines situations comme la violence quotidienne en période de guerre, la tragédie que représente la perte ou la violence sur un être proche... n'importe quel homme estcapable du pire, à l'image du personnage de Jonathan Littell dans Les bienveillantes . Les Occidentaux de l'ère coloniale ont souvent mis en avant ce concept "d'homme civilisé", l'opposant au "sauvage" similaire à cet homme à l'état de nature que décrit Hobbes dans Léviathan c'est à dire un être humain assimilable à un "paquet de désirs", prêt à tout pour les satisfaire y compris éliminer sonprochain si celui-ci constitue un obstacle à leur réalisation. Quelle différencey a-t-il entre cet homme soit disant "civilisé" et le "sauvage" lorsque l'un comme l'autre se livrent à la torture et aux massacres? René Girard avance sa thèse dite du "bouc émissaire", tentant d'expliquer les violences des sociétés à l'encontre d'un individu ou d'un groupe particulier d'individus. Selon lui, cette violenceenvers le "bouc émissaire" est une violence expiatoire nécessaire à la paix à l'intérieur d'une société à l'image du rôle de catharsis que jouait la tragédie grecque durant l'antiquité. A.Hitler désignait les juifs comme les responsables de la crise des années trente en Allemagne "justifiant" ainsi leur déportation et leur élimination, un traitement indigne entrainant la deshumanisation de...
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