Dissertation xxeme

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  • Publié le : 8 décembre 2011
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Ecrire l’histoire, qu’il s’agisse de l’histoire des époques ou de l’histoire que l’on vit, signifie raconter des évènements passés ou en train de se passer à travers les mots et, par conséquent, à travers un écrivain. Cet écrivain a pour tâche de transmettre l’histoire à ceux qui ne la connaissent et ne la vivent pas, il est le témoin de ce qui s’est passé, de ce qui se passe et le lien avec cequi se passera. « Raconter bien, ça veut dire : de façon à être entendu. On n’y parviendra pas sans un peu d’artifice. Suffisamment d’artifice pour que ça devienne de l’art ! ». Cette citation amène la question de l’échange entre auteur et lecteur, elle pose le problème de ce qui permet à l’écrivain de faire un témoignage du passé efficace. On distingue cette notion de dosage que l’écrivain doitparvenir à saisir (« un peu » ; « suffisamment ») entre récit artistique et récit historique. L’écrivain a pour but final de transmettre des évènements et ce, de la manière la plus efficace possible. Doit-il se contenter de simplement retranscrire ce qu’il a lu, ce qu’il a vécu, tel quel ? Peut-il se placer dans un contexte de création avec le récit d’évènements authentiques ? Parvient-il àatteindre le lecteur plus efficacement s’il transforme son témoignage en objet artistique ?
Ces questions subsidiaires nous amène à poser la question suivante : en quoi consiste la fonction de témoin de l’écrivain qui tente d’écrire l’histoire ?
Pour répondre à cette question, il est nécessaire de s’intéresser de plus près aux possibles caractéristiques de l’écrivain témoin : tout d’abord, nousétudierons le fait qu’il agit sur la représentation de son témoignage pour mieux le faire comprendre ; néanmoins, nous verrons qu’il ne faut pas éluder le fait qu’il assume également la force véridictoire du témoignage en lui-même ; enfin, nous verrons que l’écrivain témoin construit son témoignage pour y donner un sens moral.

L’écrivain qui écrit l’histoire agit sur la représentation de sontémoignage de manière directe, mais également indirecte. Les évènements passés ou présents ont un poids non négligeable sur l’écrivain, qu’il s’agisse d’une influence ou même d’une autorité ; lui-même a un impact sur ce qu’il raconte, il utilise des moyens pour rendre son récit transmissible aux autres plus efficacement.
En premier lieu, le témoignage est une traversée des évènements qui imprègneun ascendant sur l’auteur. Tout d’abord, dans la forme de ces témoignages qui revêtent, selon le contexte et l’écrivain, différents modèles. Dans Journal des années noires, Guéhenno utilise la forme du journal pour témoigner. Comme il le dit dans la préface de son livre : « Alors il s’enfermait chez lui et par habitude gribouillait encore, mais pour lui seul, ce qu’il ne pouvait crier » (p.10). Onvoit ici que l’auteur est forcé d’écrire un journal pour lui seul car il lui est impossible de « crier » ce qu’il ressent, le verbe pouvoir associé à la négation le montrant parfaitement, car la censure l’empêche de s’exprimer. Camus également dans Lettres à un ami allemand utilise un genre particulier, le genre épistolaire, afin d’opposer clairement deux points de vue, deux visions de l’histoirede façon directe et explicite. L’opposition dans un échange de lettres est très visible. Comme il le dit dans la préface : « Ce sont deux attitudes que j’oppose, non deux nations, même si, à un moment de l’histoire, ces deux nations ont pu incarner deux attitudes ennemies » (p.16). Sartre enfin avec Les mouches, comme Guéhenno, utilise le genre théâtral et le récit de fiction pour éviter lacensure et témoigner des évènements passés. Puis, cette influence va même jusqu’à remettre en cause certaines des idées des écrivains. Le témoignage possède alors un pouvoir de changement de pensées, de remise en question des acquis. Dans Lettres à un ami allemand, Camus dit : « Nous y avons appris que contrairement à ce que nous pensions parfois, l’esprit ne peut rien contre l’épée » (p.29) ; cette...
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