Dissertation

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  • Publié le : 24 février 2010
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- Objet d étude : Le roman et ses personnages
Séries générales
■ Sujet 1
Corpus :
- Honoré de Balzac, La Femme de trente ans (1831).
- Delly, Comme un conte de fées © Flammarion (1935).
- Nathalie Sarraute, Le Planétarium, © Gallimard (1959).
Texte A
Dans La Femme de trente ans, Honoré de Balzac raconte différents moments de la vie
de Julie, l héroïne. Elle apparaît tout d abord en1813, éprise d un bel officier, Victor,
comte d Aiglemont, qu elle épousera par la suite et qui, par ses infidélités répétées, la
rendra très malheureuse.
Quand les manS uvres furent terminées, l officier d ordonnance arriva à bride abattue et
s arrêta devant l empereur pour en attendre les ordres. En ce moment, il était à vingt pas de
Julie, en face du groupe impérial, dans une attitudeassez semblable à celle que Gérard1 a
donnée au général Rapp dans le tableau de la Bataille d Austerlitz. Il fut permis alors à la
jeune fille d admirer son amant2 dans toute sa splendeur militaire. Le colonel Victor
d Aiglemont, à peine âgé de trente ans, était grand, bien fait, svelte ; et ses heureuses
proportions ne ressortaient jamais mieux que quand il employait sa force à gouvernerun
cheval dont le dos élégant et souple paraissait plier sous lui. Sa figure mâle et brune
possédait ce charme inexplicable qu une parfaite régularité de traits communique à de jeunes
visages. Son front était large et haut. Ses yeux de feu, ombragés de sourcils épais et bordés
de longs cils, se dessinaient comme deux ovales blancs entre deux lignes noires. Son nez
offrait la gracieusecourbure d un bec d aigle. La pourpre de ses lèvres était rehaussée par
les sinuosités de l inévitable moustache noire. Ses joues larges et fortement colorées
offraient des tons bruns et jaunes qui dénotaient une vigueur extraordinaire. Sa figure, une
de celles que la bravoure a marquées de son cachet, offrait le type que cherche aujourd hui
l artiste quand il songe à représenter un des hérosde la France impériale. Le cheval trempé
de sueur, et dont la tête agitée manifestait une extrême impatience, les deux pieds de devant
écartés et arrêtés sur une même ligne sans que l un dépassât l autre, faisait flotter les longs
crins de sa queue fournie ; et son dévouement offrait une matérielle image de celui que son
maître avait pour l empereur. En voyant son amant si occupé de saisirles regards de
Napoléon, Julie éprouva un moment de jalousie en pensant qu il ne l avait pas encore
regardée. Tout à coup, un mot est prononcé par le souverain3. Victor presse les flancs de son
cheval et part au galop ; mais l ombre d une borne projetée sur le sable effraie l animal qui
s effarouche, recule, se dresse, et si brusquement que le cavalier semble en danger. Julie
jette uncri, elle pâlit ; chacun la regarde avec curiosité, elle ne voit personne ; ses yeux sont
attachés sur ce cheval trop fougueux que l officier châtie tout en courant redire les ordres de
Napoléon. Ces étourdissants tableaux absorbaient si bien Julie, qu à son insu elle s était
cramponnée au bras de son père à qui elle révélait involontairement ses pensées par la
pression plus ou moins vive deses doigts. Quand Victor fut sur le point d être renversé par
le cheval, elle s accrocha plus violemment encore à son père, comme si elle-même eût été en
danger de tomber. Le vieillard contemplait avec une sombre et douloureuse inquiétude le
visage épanoui de sa fille, et des sentiments de pitié, de jalousie, de regrets même, se
glissèrent dans toutes ses rides contractées. Mais quand léclat inaccoutumé des yeux de
Julie, le cri qu elle venait de pousser et le mouvement convulsif de ses doigts, achevèrent de
lui dévoiler un amour secret, certes, il dut avoir quelques tristes révélations de l avenir, car
sa figure offrit alors une expression sinistre. En ce moment, l âme de Julie semblait avoir
passé dans celle de l officier. Une pensée plus cruelle que toutes celles qui...
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