Dissertation

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  • Publié le : 28 mars 2011
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Introduction :
Avant d’être conçue comme une activité libératrice ou plaisante, le travail apparait originairement et essentiellement comme une contrainte. Sans doute parce que l’homme ne s’y soumet pas volontiers, mais par nécessité, nous en concluons qu’il se réduit à la difficile production de nos moyens d’existence. Toutefois, s’il en était vraiment ainsi, on comprendrait mal que l’hommepuisse travailler alors qu’il se sait affranchi de ses besoins élémentaires. Car nous ne travaillons pas seulement pour vivre mais encore pour bien vivre. Comme en témoigne le gout pour le bricolage, que la nécessité suscite parfois sans le commander toujours. Certes, comme le remarque Lévi-Strauss, le bricolage ne se confond pas avec le travail : il opère plutôt sur ses marges évoquant unvagabondage de l’esprit que n’exige pas de la pensée un projet réfléchi de transformation du réel.
A/ Définition :
Selon Alain Rey[1], le mot travail (apparu vers 1130) est un déverbal de travailler, issu (vers 1080) du latin populaire « tripaliare », signifiant« tourmenter, torturer avec letrepalium ».
Sous l'Antiquité, le terme bas latin trepalium (attesté en 582) est une déformation de tripalium, un instrument formé de trois pieux, deux verticaux et un placé en transversale, auquel on attachait les animaux pour les ferrer ou les soigner, ou les esclaves pour les punir. Cependant, si cet instrument est bien désigné par le mot travail, il se dit au pluriel des travails et non destravaux Selon Georges LEFRANC :
Les représentations marquent davantage la distinction entre "le Labor" (travail châtiment, peine au travail, conséquence du péché) et "l'Opus" (travail création, activité naturelle). Ainsi, "Au porche nord de la cathédrale de Chartres, six jeunes femmes, le visage voilé, loin du monde,prient, lisent ou méditent ; elles figurent la vie contemplative. De l'autre coté, six autres jeunes femmes, représentant la vie active, travaillent la laine ; leur visage découvert sourit et traduit la joie. Chez elles, le travail semble avoir perdu tout caractère de peine." Le terme "Travail" refoule progressivement les deux termes usités au Moyen Age : Labeur et Ouvrage.Au XVIe siècle : Le travail signifie « Se donner de la peine pour ». On peut dater l'invention de la notion moderne de travail du XVIIIe siècle. Adam Smith l'exprime au mieux dans sa Recherche sur la nature et les causes de la richesse desnations. Le travail est défini comme ce qui crée de la richesse (notre actuel « facteur de production »). Mais il n'est pas « valorisé » : il reste synonyme de peine et d'effort. Au début du XIXe siècle, une autre conception du travail se fait jour : le travail est désormais défini comme une liberté créatrice, "l'essencede l'homme". Marx poussera cette définition à son acmé. A la fin du XIXe siècle, l'idée du travail comme valeur reste fortement ancrée chez les socialistes, mais les Etats-Providence vont se mettre en place en faisant du lien salarial le canal par lequel les droits, les protections et les revenus se mettent en place : alors que Marx voyait dans l'abolition du rapport salarial le moyen de rendre letravail (actuellement aliéné) conforme à son essence (travail épanouissant), le rapport salarial devient au contraire ce par quoi transitent les revenus, les droits et les protections (notamment le droit du travail et le droit social). Il incombe dès lors à l'Etat-Providence de maintenir à tout prix le plein emploi. Mais le "citoyen est dédommagé pour la pénibilité qui reste, quoi qu'il en soit,...
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