Dissertation

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  • Publié le : 2 avril 2011
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Commentaire du texte de Pascal, Pensées, I, 10-11

Texte

« L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser. Une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage quel'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien.

Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C'est de là qu'il faut nous relever, et non de l'espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale.

Ce n'est point de l'espace que je dois chercher ma dignité, mais c'est du règlement de ma pensée. Je n'aurai pas davantage en possédantdes terres. Par l'espace, l’univers me comprend et m'engloutit comme un point ; par la pensée, je le comprends. »

PASCAL

Pensées l, 10-11

Plan détaillé du commentaire :

I- Vanité de l’homme

a) La vie de l’homme est précaire : un rien le met en danger (hyperbole, antithèse, métaphore du chêne et du roseau, modalisateurs de vérité)

b) Les biens de l’homme et la durée deson existence sont dérisoires comparés à l’étendue et à la durée de l’univers (évaluatifs négatifs)

Conclusion : même le plus puissant des hommes est misérable.

II- Dignité de l’homme

a) Par sa pensée l’homme peut englober l’univers (évaluatifs positifs)

b) Apprendre à bien penser est le devoir de tout homme (modalisateurs de devoir).

Conclusion : la nature del’homme est d’être misérable et son existence paraît vaine, mais par la pensée il accède à la dignité et domine l’univers. Apprendre à bien penser est donc un devoir pour tout homme.

Commentaire :

Mort en 1662, à 39 ans, Pascal aura consacré ses dernières années à la réflexion philosophique et religieuse. Ses Pensées, parues à titre posthume, sont la trace, fragmentaire, des méditations d’unhomme qui prend conscience, par la maladie et la souffrance, de la fragilité de la vie humaine. Or c’est précisément l’expérience de la faiblesse humaine qui révèle simultanément à Pascal où se trouve notre véritable grandeur. Cette recherche constitue le thème du fragment I, 10-11, un texte rendu puissamment évocateur par la richesse et la concision des images littéraires auxquelles il recourt auservice de son argumentation. C’est d’ailleurs la figure de l’antithèse qui constitue la structure de ce texte qui oppose la faiblesse de l’homme à ce qui constitue sa grandeur et sa dignité.

La vanité de l’homme, motif classique de la littérature, des traités moraux et de la peinture, est le premier axe du texte de Pascal. Cette vanité, ce vide de l’existence humaine tient d’abord à saprécarité. Un rien le met en danger. La métaphore qui assimile l’homme à un roseau, c’est-à-dire à une brindille d’apparence insignifiante réduit l’homme au rang d’un végétal sans vigueur. L’hyperbole « le plus faible de la nature » ajoute encore à la révélation de cette faiblesse. La gradation se poursuit par l’énumération des petits riens qui suffisent à le détruire : une « vapeur » d’abord, puis,prédateur encore plus risible, une simple  « goutte d’eau ». Pascal connaît en effet la force d’une gouttelette ou d’une vapeur, lui dont les premiers travaux concernaient les sciences naturelles et plus précisément l’étude des fluides. A une époque où la médecine reposait sur la théorie des humeurs, fluides qui circulaient dans le corps et étaient considérés comme la principale cause des maladieslorsqu’ils se déréglaient, ce constat paraissait sans doute à peine exagéré. Le modalisateur de vérité qu’est le présent de vérité générale assène cette thèse avec force : l’homme est la créature la plus fragile de l’univers, s’il ne comptait que sur sa force propre, il ne serait rien.

Ses possessions lui donnent-elles l’avantage ? Pas plus, bien entendu. L’espace et la durée, qui...
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