Dissertation

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 10 (2352 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 4 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
PERTE DE LA NOTION DE L’ECRIT ET DE L’ART DE REDIGER par Alphonse D’HOUTAUD

PERTE DE LA NOTION DE L’ECRIT ET DE L’ART DE REDIGER par Alphonse d’HOUTAUD

ALS et

Institut Grand-Ducal (Luxembourg 17 octobre 2004)

37

LA PERTE DE LA NOTION DE L’ECRIT ET DE L’ART DE REDIGER
(Alphonse d’ HOUTAUD)

Caractéristiques des civilisations de l’oral
Avant l’invention de l’alphabet : • laparole est l’unique instrument de communication et de transmission des informations, • la mémoire individuelle est le seul moyen de stockage des messages. Dans le témoignage oral : aucune version originale mais une multitude de récits. En général, l’information la plus récente rassemble les plus anciennes. L’interprétation s’ajoute au souvenir dont la pertinence compte plus que l’exactitude. D ’où demultiples interprétations liées aux centres d’intérêt des conteurs. Néanmoins, on a remarqué l’étonnante uniformité de certains contes populaires à travers les cultures.

a) Caractéristiques des civilisations de l’oral 1°) Dans les cultures antérieures à l’invention de l’alphabet, la parole humaine restait l’unique instrument de communication et de transmission des informations. Semblablement lamémoire individuelle constituait le seul moyen de stockage des messages. A vrai dire, de tels procédés de communication et de mémorisation ont moins d’importance de nos jours dans les échanges entre les individus ou les groupes sociaux. Ils servaient, en tout cas, à léguer aux générations suivantes les recettes, les techniques, les rituels, les coutumes venues des précédentes : ces phénomènes detransmission orale sont étudiés par les historiens, les anthropologues et les ethnologues. 2°) Dans le témoignage oral, au lieu d’une version originale, on est en présence d’une multitude de récits, difficiles à classer et à organiser. En général, l’information la plus récente mobilise les plus anciennes. Au souvenir s’ajoute l’interprétation. La pertinence du souvenir compte plus que sonexactitude : d’où tant d’interprétations en fonction des centres d’intérêt contemporains des locuteurs. Néanmoins, on a remarqué l’étonnante uniformité de certains contes populaires à travers les cultures. Interprétation des énoncés et mémorisation des événements manquent encore d’une théorie psychologique solide, susceptibles de renouveler l’exode des traditions orales. (cf. Pascal Boyer, Encycl. Univ.,t. 16, p. 1027-1030)

Lecture et écriture dans les sociétés
Lire et écrire furent longtemps un monopole du clergé. Du XVème au XVIIème siècle, en Europe, l’analphabétisme tombe de 85 % à 40% chez les hommes et de 99% à 60% chez les femmes. En 1913, il n’était plus que de 1% pour les deux sexes, avec une situation plus favorable en milieu urbain (en particulier chez les professions libérales,lire et écrire étant indispensable à leur travail). L’apparition des alphabets (il y a 5000 ans en Mésopotamie), a affecté individus et sociétés : l’écriture a permis de communiquer à distance à travers l’espace et le temps. La communication ne passe plus seulement de la bouche à l’oreille, mais aussi de la main à l’œil : le message peut être compris sans que le locuteur soit présent.

b) Lectureet écriture dans les sociétés 1°) Les sciences humaines, surtout, se sont attachées à l’étude de l’alphabétisation, c’est-à-dire de l’écriture et de la lecture. Or, savoir lire et écrire furent longtemps un monopole fondamental et prestigieux du clergé. En effet, encore au XV ème siècle, en Europe, seulement 15 % des hommes et 1% des femmes savaient lire. Vers 1650 ces proportions passèrentrespectivement à 60% et 40%. Avec l’instruction obligatoire après 1870, l’analphabétisme tomba à 1% chez les hommes en 1911 et chez les femmes en 1913. Cette situation était cependant plus favorable en milieu urbain, en particulier chez les professions libérales pour lesquelles lire et écrire étaient indispensables à leur travail. De même en pays protestants, les taux d’alphabétisation étaient plus...
tracking img