Dissertation

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BACCALAURéAT GéNéRAL
SESSION 2005
éPREUVE DE FRANÇAIS-LITTéRATURE

SéRIE L

Durée de l'épreuve : 4 heures
Coefficient : 3
L'usage des calculatrices est interdit.

Objet d'étude : Le théâtre : Texte et représentation

Le sujet comprend :

Texte A : Alfred de Musset, Lorenzuccio, acte IV, scène 9 (1834)
Texte B : Jean Giraudoux, Electre, entracte : Lamento du Jardinier (1938)Texte C : Samuel Beckett, Oh ! les beaux jours (1963)

Annexe au texte C : Photographie de la mise en scène de Oh ! les beaux jours par Roger Blin au théâtre du Rond Point, 1981 (Madeleine Renaud dans le rôle de Winnie)

Annexe au corpus : Antonin Artaud, Le Théâtre et son double (1938)

Le candidat s'assurera qu'il est en possession du sujet correspondant à sa série.
TEXTE A : Alfred deMUSSET, Lorenzaccio, acte IV, scène 9.

La pièce se passe à Florence, au XVl` siècle. Lorenzo de Médicis a décidé d’assassiner son cousin Alexandre de Médicis, duc de Florence, qui gouverne en tyran. Le moindre détail de ce meurtre a été prémédité : Lorenzo a volé la cotte de mailles d’Alexandre, a arrangé un faux rendez-vous galant avec sa tante Catherine Ginori pour attirer Alexandre dans sapropre maison où attend en embuscade Scoronconcolo, un ami dévoué à Lorenzo. Lorenzo erre dans les rues, attendant l’heure du rendez-vous fatal.

Une place ; il est nuit. Entre Lorenzo.

LORENZO : Je lui dirai que c’est un motif de pudeur, et j’emporterai la lumière - cela se fait tous les jours - une nouvelle mariée, par exemple, exige cela de son mari pour entrer dans lachambre nuptiale, et Catherine[1] passe pour très vertueuse. - Pauvre fille ! Qui l’est sous le ciel si elle ne l’est pas ? - Que ma mère mourût de tout cela, voilà ce qui pourrait arriver.

Ainsi donc voilà qui est fait. Patience ! Une heure est une heure, et l’horloge vient de sonner. Si vous y tenez cependant - mais non pourquoi ? - Emporte le flambeau si tu veux; la première fois qu’une femmese donne, cela est tout simple. - Entrez donc, chauffez-vous donc un peu. - Oh ! mon Dieu, oui, pur caprice de jeune fille ; et quel motif de croire à ce meurtre ? - Cela pourra les étonner, même Philippe[2].

Te voilà, toi, face livide ? (La lune paraît.)

Si les républicains étaient des hommes, quelle révolution demain dans la ville ! Mais Pierre est un ambitieux; les Ruccellai seulsvalent quelque chose. - Ah ! les mots, les mots, les éternelles paroles ! S’il y a quelqu’un là-haut, il doit bien rire de nous tous ; cela est très comique, très comique, vraiment. - Ô bavardage humain ! Ô grand tueur de corps morts ! Grand défonceur de portes ouvertes ! Ô hommes sans bras !

Non ! non ! Je n’emporterai pas la lumière. J’irai droit au cœur; il se verra tuer... Sang duChrist ! On se mettra demain aux fenêtres.

Pourvu qu’il n’ait pas imaginé quelque cuirasse nouvelle, quelque cotte de mailles. Maudite invention ! Lutter avec Dieu et le diable, ce n’est rien; mais lutter avec des bouts de ferraille croisés les uns sur les autres par la main sale d’un armurier ! - Je passerai le second pour entrer; il posera son épée là, - ou là - oui, sur le canapé. - Quant àl’affaire du baudrier à rouler autour de la garde, cela est aisé. S’il pouvait lui prendre fantaisie de se coucher, voilà où serait le vrai moyen. Couché, assis, ou debout ? Assis plutôt. Je commencerai par sortir; Scoronconcolo est enfermé dans le cabinet. Alors nous venons, nous venons je ne voudrais pourtant pas qu’il tournât le dos. J’irai à lui tout droit. Allons, la paix, la paix ! L’heure vavenir. - Il faut que j’aille dans quelque cabaret; je ne m’aperçois pas que je prends du froid, et je viderai un flacon. - Non; je ne veux pas boire. Où diable vais-je donc ? Les cabarets sont fermés.

Est-elle bonne fille ? - Oui vraiment. - En chemise ? - Oh ! non, non, je ne le pense pas.

- Pauvre Catherine ! Que ma mère mourût de tout cela, ce serait triste. - Et quand je lui aurais...
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