Dissertation

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  • Publié le : 19 septembre 2010
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Jean de la Fontaine (Château-Thierry 1621 - Paris 1695) s'inscrit dans l'époque classique de la littérature française, aux côtés de Boileau, de Molière et de Racine, bien qu'il fasse preuve de davantage de gauloiseries que ses contemporains. Il est, avec Molière, l'écrivain le plus riche et le plus varié, sachant prendre tous les tons. On le considère comme le Homère de la littérature française(voir Joubert). On entend souvent que La Fontaine était un rêveur et un inconscient, pourtant, sa connaissance des Anciens et tout le travail qu'il a accompli prouve qu'il fut un lettré et qu'il a fait des études poussées. Bien que les fables soient à l'époque très populaires, il s'approprie le genre en faisant de celui-ci une petite comédie. Il enrichit la tradition populaire et littéraire par sontalent et sa naïveté. La fable semble le seul genre qui satisfait La Fontaine, étant encore un genre peu déterminé. Il y trouve le conte, la comédie, la nature, puis la morale, ce qui plaît au poète et lui permet de s'investir corps et âme dans son art.Quant à «La cigale et la fourmi» qui est probablement, avec Le corbeau et le renard, la fable la plus connue, tient sa popularité de deux sources:la réussite et l'attention. Dans le premier cas, il faut prendre en considération que toute littérature n'est pas gratuite, tant dans son contenu que dans sa forme. Si La Fontaine a voulu que cette fable soit la première du premier recueil, c'est qu'il y attachait beaucoup d'importance et qu'il la considérait comme une de ses meilleurs. La brièveté, le rythme rapide et la clarté de la fablejustifiant bien cette réussite. Dans le second cas, étant placée ainsi au premier plan, c'est cette fable qu'on se rappelle le mieux et qui, par sa position, attire le plus le lecteur. Malgré cela, et malgré ses apparences simplettes, c'est une fable qui renferme une multiplicité d'interprétations. Nous y reviendrons.La fableLa fable est un des genres les plus intéressants à étudier, puisqu'il renfermedeux volets très distincts: le narratif et le délibératif. Pour ce qui est du narratif, il s'agit, évidemment, du récit en tant que tel. Ce volet n'a qu'un seul but: plaire. Et ce, même si une morale y est implicite. Cette moralité, pour sa part, s'inscrit dans le volet délibératif. Son but est d'instruire. La versification de la fable tend vers ce didactisme puisque de tous temps laversification est un outil mnémotechnique indiscutable: le monde arabe a longtemps transmis le savoir de cette façon. Pensons seulement à l'apprentissage de la poétique d'Aristote traduite en vers. On retrouve donc, dans la fable, l'opposition entre le plaisir et le didactisme, entre le divertissement et l'enseignement. Chez La Fontaine, cette dichotomie sera encore plus apparente, puisque la moralité sedétache bien du récit, et ce tant par la position du narrateur que par la mise en forme du texte (les blancs typographiques). Néanmoins, il faut distinguer la fable du conte et de la parabole: dans un cas il ne s'agit que d'un récit et dans l'autre que d'un enseignement.La fable s'inscrit dans l'universalité. La moralité qui en est tirée doit être universellement partagée, car nous risquons, dans lecas contraire, de tomber dans la satire ou le sarcasme. Une fois en dehors de l'universalité, l'enseignement de la fable est réduit et c'est le côté divertissement qui prend le dessus. Donc, la fable doit s'inscrire dans l'éternité et non dans l'immédiateté. C'est là qu'elle prend toute son essence et son essor. Son universalité est aussi représentée par les personnages qu'elle met en scène: lesanimaux, les hommes et les dieux. Ce sont les archétypes de la fable. Peu importe qui est mis en scène dans la fable, le message demeure néanmoins humain, adressé à l'homme, à l'humanité, à l'universellement humain. Dans la plupart des cas, il s'agit donc d'un enseignement allégorique. Les fables sont ainsi des miroirs. «Miroirs, de nos défauts les Peintres légitimes» écrit La Fontaine dans «Le...
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