Dissertation

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  • Publié le : 9 octobre 2010
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Le libéralisme : un principe d’organisation sociale
Introduction : Le libéralisme, une adaptation aux sociétés I) Les principes fondamentaux du libéralisme
1 La « main invisible » 2 La supériorité du marché 3 L’État minimum

II) Les principes soumis à une vision critique
1 Le problème de la rationalité limitée 2 Le mythe du marché « tout-puissant » 3 L’État libéral

Conclusion : Lelibéralisme : une philosophie plus qu’une pratique

Introduction : le libéralisme, une adaptation aux situations sociales Ce qu’il est important de noter, c’est que la pensée libérale n’est pas ou très peu une pensée de rupture avec le système social. Elle se construit à l’intérieur de celui-ci, avec d’autres systèmes de pensée qui épousent les problèmes de l’époque, et elle adopte très souvent unprincipe de réalité : faire coïncider les théories initiales et les exigences de l’époque. On proposera ici un exemple : la modélisation mathématique de la fin du XIX° est une réaction contre les revendications sociales qui apparaissent (naissance et développement du syndicalisme) et qui critiquaient le libéralisme. Il s’agissait alors de « prouver » la supériorité du marché. Mais cette modélisationn’a guère apporté d’éléments théoriques nouveaux. Elle sera d’ailleurs incapable de régler la crise de 1929.

I) Les principes fondamentaux du libéralisme
1 La main invisible Ce principe a été posé dès la fin du XVIII° par Adam Smith dans « Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations » (1776). Mais la base philosophique de ce principe a été indiquée par le même auteur dans la« Théorie des sentiments moraux » (1759). Cette base philosophique repose sur un profond pessimisme (ou réalisme ?) sur la nature humaine : les libéraux ne croient pas en la bonté ou la sagesse humaine, et ils ne veulent surtout pas fonder un système social sur « les bons sentiments ». Pour eux, l’être humain est égoïste par nature, il est calculateur et rationnel, et ce qui fonde son action estla recherche de son seul intérêt.

Adam Smith exprime cela de façon très claire dans « …de la richesse des nations » : « L’homme a presque continuellement

besoin du secours de ses semblables, et c’est en vain qu’il l’attendrait de leur seule bienveillance » (Flammarion 1991,
page 82). Un peu plus loin, Smith confirme ce jugement : « Ce n’est pas

de la bienveillance du boucher, dumarchand de bière ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts. Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme » (page
83). Le libéralisme n’est donc pas « Rousseauiste » (de Jean-Jacques Rousseau), et le mythe du « bon sauvage » n’est pas un principe d’organisation.

Sur cette base Smith expose alors ce que l’on appelle leprincipe de la main invisible : « en dirigeant son entreprise de manière

à ce que son produit ait le plus de valeur possible, il ne pense qu’à son propre gain ; en cela comme en beaucoup d’autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions ».
En résumé : chacun travaille pour son intérêt et travaille donc sans le savoir à l’intérêt général.Des économistes plus « récents » reprendront cette même idée, comme Friedrich Hayek en 1981 : « Dans l’ordre du marché,

chacun est conduit, par le gain qui lui est visible, à servir des besoins qui lui sont invisibles » (« Droit, législation et
liberté » PUF 1981).

Un point important est à souligner : pour les libéraux, il vaut mieux que les acteurs ignorent que leur action bénéficie àtous , leur action en sera plus efficace : « Je n’ai jamais vu que ceux

qui aspiraient dans leurs entreprises de commerce, à travailler pour le bien général, aient fait beaucoup de bonnes choses » (Smith).
En d’autres termes, dés que vous vous rendez compte que votre action profite à d’autres, vous perdez en efficacité, en essayant de comparer les avantages réciproques tirés de l’action....
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