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1/ Quatrième dissertation

Quatrième dissertation
CREER, SUBIR, ACCOMPAGNER L’HISTOIRE

PAR ETIENNE AKAMATSU

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« Est-ce un devoir, de faire l’histoire ? » A cet aphorisme contemporain, de source anonyme, vous tenterez d’apporter une solution, à la lumière des trois œuvres figurant à votre programme, et de votre connaissance générale du thème « Penser l’histoire ».____________________________________________________________

________ Analyse du sujet Ce n'est pas par leur nature, telle qu’ils la reçoivent par naissance, que les hommes sont historiques : c'est leur éducation, leur culture, le travail de leur mémoire, qui leur fait troquer les liens naturels pour d’autres liens, qui traversent le temps et qui unissent les générations entre elles. Dans les sociétéshumaines, le processus de civilisation se continue sans jamais être assuré de sa perpétuité. L’homme ne trouve dans l’histoire que les repères

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qu’il a lui-même établis, ce qui les rend peu fiables. Mais il arrive, chemin faisant, que tels et tels événements deviennent les symboles d’une commune appartenance. h Cela ne va pas sans paradoxe, parce que la violence estsouvent le facteur décisif pour créer de tels événements. Certes, c'est à la morale, au droit, à l’économie, à l’art parfois, que les hommes confient tour à tour le soin d’élaborer les instruments d’une communauté possible. Mais ce qu’ils appellent politique, ce n'est souvent qu’une manière d’agiter la menace d’une dissociation, d’invoquer les raisons d’un dissentiment pour réveiller les désaccordset y puiser les causes de l’inimitié. L’histoire est donc un tissu fragile. D’un côté, les hommes ne peuvent manquer de rencontrer l’exigence de lucidité et de clarification progressive, qui vient de ce qu’ils sont dans l’histoire et que leurs responsabilités ne cessent de s’accroître avec le temps. D’un autre côté, l’histoire n'est pas, à proprement parler, un donné. Vivre historiquement, c'estdevoir répondre aux exigences de l’histoire, c'est vouloir l’histoire, acquérir les moyens d’une existence plus conforme à la quête d’un sens de l’histoire. C'est pourquoi l’acteur historique ne peut manquer de vouloir faire l’histoire, d’assumer les difficultés de la présence réciproque des hommes au sein d’une même histoire en provoquant celle-ci à devenir ce qu’elle est vraiment. h Ainsil’histoire ne peut-elle se borner à être seulement un objet de l’observation et du récit : elle devient peu à peu le moyen d’une redéfinition permanente de l’homme. En tout temps, les hommes sont entrés dans des confrontations mutuelles pour atteindre des objectifs divers : sécurité, jouissance, richesse, pouvoir. Mais il y a un plan plus fondamental sur lequel repose la poursuite perpétuelle de cesobjectifs ; il y a derrière eux une finalité plus haute et sublime : il y a une concurrence nouvelle, qui se fait jour peu à peu, et qui porte sur la façon de faire l’histoire. Veillons donc à ne pas avoir une conception étriquée de l’histoire : nous aurions tort de ne voir en elle que le résultat contingent de toutes les actions qui ont été appelées par ces objectifs. Car la conception et la pratiquede l’histoire deviennent pour les hommes une justification qui les autorise à poursuivre ces mêmes objectifs. Et réciproquement, ils attendent qu’à travers leurs occupations

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particulières se révèle une bonne fois pour toutes le sens universel de cette histoire, afin qu’ils puissent s’y reconnaître sans arrière-pensées. h « Faire l’histoire » peut donc devenir un butà part entière. Une histoire, et en dernier ressort, l’histoire de l’humanité, c'est le récit non pas seulement de ce qui s'est passé, c'est une démonstration. Une démonstration, cela veut dire à la fois : la mise en scène par chacun de ce qu’il est, la révélation de ce qui est essentiel par-delà les péripéties accidentelles, autrement dit encore la mise en lumière de la vérité. On fait...
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