Dissertations philo

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  • Publié le : 11 mars 2010
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Lévi-Strauss , Race et Histoire.

Brochure contre le racisme éditée par l’UNESCO 1952.

1. Race et culture : but de ce chapitre : montrer que rien en l’état actuel des sciences ne permet d’affirmer la supériorité d’une race sur une autre. Il ne faut pas confondre la notion purement biologique de race et les productions psychologiques et sociologiques des cultures humaines ; voilà pourquoi cequi est valable du point de vue strict de la biologie (le darwinisme) ne peut se décliner sur le terrain des cultures. Le racisme vient d’une confusion entre diversité des races et inégalités (mais il serait plus juste de dire diversité) des cultures.

2. Diversité des cultures : la diversité des cultures est un fait qu’il est facile d’observer. Mais : les cultures ne diffèrent pas entre ellesde la même façon ni sur le même plan. Les cultures peuvent être juxtaposées dans l’espace ; dans ce cas il est encore possible à l’ethnologue d’en avoir une expérience directe. Mais c’est impossible dés lors que l’on se penche sur les formes de vie sociale qui se succèdent dans le temps. La connaissance de certaines sociétés dites primitives qui ignorent l’écriture est donc parfois impossible.Que faut-il entendre par « cultures différentes » ? certaines cultures sont issues de tronc commun (les Etats-Unis et l’Angleterre), même si elles ont des différences. D’autres n’ont jamais entretenu de rapports (les Incas du Pérou l’empire du Dahomey en Afrique). Certaines sociétés semblent offrir l’image d’une même civilisation alors qu’elles y sont parvenues par des chemins très différents. Il ya dans les sociétés humaines des forces travaillant dans des directions opposées : certaines cherchent à minimiser les particularismes, d’autres les accentuer. Enfin le problème de la diversité se pose entre deux cultures différentes mais aussi au sein d’une même société : castes, classes, milieux professionnels… en plus de la diversité externe, il existe une diversité interne.
a La notion dediversité des cultures ne doit pas être perçue de manière statique ; il y a les différences dues à l’isolement et à l’éloignement, mais aussi celles dues à une trop grande proximité : désir de s’opposer de se distinguer, d’être soi.
a Le problème de la diversité culturel est plus compliqué qu’il n’y paraît.

3. L’ethnocentrisme : « et pourtant, il semble que la diversité des cultures ne soitjamais apparue aux hommes pour ce qu’elle est : un phénomène naturel, résultant des rapports directs ou indirects entre les sociétés ; ils y ont plutôt vu une sorte de monstruosité ou de scandale. »
Tendance à répudier les formes culturelles dont nous sommes éloignés, en les qualifiant de barbares, d’attitudes de sauvages, etc. L’antiquité Grecque qualifie de barbare tout ce qui n’appartient pas à saculture. Etymologie de barbare : évoque la confusion et l’inarticulation du chant des oiseaux, par opposition au langage humain articulé. Sauvage : de la forêt : évoque un genre de vie animale : dans les 2 cas, on refuse d’admettre la diversité culturelle, préférant rejeter l’autre purement et simplement hors de l’humanité.
Dans les Grandes Antilles, quelques années après la découverte del’Amérique, pendant que les espagnols envoyaient des commissions d’enquête pour rechercher si les indigènes possédaient ou non une âme, ces derniers s’employaient à immerger des blancs prisonniers afin de vérifier par une surveillance prolongée si leur cadavre était, ou non, sujet à la putréfaction.
Cette anecdote à la fois baroque et tragique illustre bien le paradoxe du relativisme culturel : c’est dansla mesure même où l’on prétend établir une discrimination entre les cultures et les coutumes que l’on s’identifie le plus complètement avec celles que l’on essaie de nier. En refusant l’humanité à ceux qui apparaissent comme les plus « sauvages » ou « barbares » de ses représentants, on ne fait que leur emprunter une de leurs attitudes typique. Le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à...
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