Dissertations philosophie

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  • Publié le : 27 mai 2010
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Cette analyse des textes kantiens sur l’imagination se veut la plus didactique possible. Nous souhaitons garder la plus grande neutralité de jugement dans les pages qui suivent. Cet idéal méthodologique d’objectivité, qui guide notre lecture, se heurte toutefois à deux difficultés.

La première est impossible à dépasser: toute lecture est interprétation. Plus interprétatif encoreest le choix des citations. Or, tenter de rendre compte d'une notion abordée dans différents textes conduit nécessairement à un choix de ce type. C'est dans la volonté de neutraliser cette inévitable ornière que nous avons placé en annexe d'une part une tentative de relevé systématique de l'occurrence du terme « imagination » dans les textes que nous avons lus, et, d'autre part, un recueil descitations les plus représentatives de la notion.

La seconde difficulté prend son origine dans le texte kantien lui-même. L'imagination chez Kant ne se présente pas à découvert. C'est un « art caché[1] » que Kant, à son tour, nous cache. Et c'est, par ailleurs, un art obscur.

1) L'art caché

Il est intéressant pour nous de rappeler ici le tableau dressé par Kant dans sesdeux introductions à la Critique de la Faculté de Juger[2]. Celui-ci décrit « toutes les facultés supérieures dans leur unité systématique[3] ». Ce tableau qui se veut démonstration de la cohérence du système nous renseigne sur le statut de l'imagination : elle y est tout simplement absente.

Facultés de l'âme Facultés Principes apriori Application
dans leur ensemble de connaissances

Facultés de connaître Entendement Conformité à la loi Nature
(catégories et concepts)

Sentiment de plaisir et de peineFaculté de juger Finalité Art
(schèmes et principes)

Faculté de désirer Raison But final Liberté
(idées et impératif catégorique)

Ace tableau, il faudrait encore ajouter une ligne pour rendre compte de la totalité de la pensée kantienne. Cette ligne vaudrait pour la « faculté » qui a son origine dans le corps, la faculté de sentir ou faculté des intuitions : la sensibilité.

On le voit, il n'est accordé aucun statut à l'imagination. Kant n'en fait pas mention. Or, et c'est là où réside le scandale,l'imagination est, comme nous allons le voir, associée directement ou indirectement à toutes les « facultés » sus-nommées de l'être humain conçu comme âme incarnée dans un corps. Active partout et située nulle part, l'imagination semble inavouable, honteuse comme le taenia avec lequel elle est mise en parallèle[4].

La preuve la plus éclairante de son caractère « caché » est la suivante :l'imagination n'apparaît dans aucune des tables des matières des oeuvres philosophiques de Kant. Aucun chapitre spécifique, aucune section particulière n'en fait mention, à la seule exception du deuxième point de la deuxième section de la première édition de la Déduction transcendantale[5], apparition supprimée dans la seconde édition! Un lecteur qui ne connaîtrait pas le contenu des trois Critiques etqui ne lirait attentivement que les tables des matières concluerait, en toute bonne foi, que Kant ne traite jamais de l'imagination.

On nous reprochera ici de ne pas mentionner l'Anthropologie, dont un des chapitres s'intitule « L'imagination ». Remarquons, pour répondre à cette éventuelle critique, que l'intitulé des chapitres ne fait pas partie de la table des matières mais du...
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