Dissertations

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  • Publié le : 6 novembre 2010
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L homme est –il esclave de ses désirs ?
Etre esclave de ses désirs est celui qui s’y soumet sans lutter et donc qui les satisfait. En effet à première vue, l’homme ne peut aller à l’encontre de ses désirs. Pour l’opinion commune, le désir prend le dessus sur notre volonté ou notre conscience. Si une personne désire une glace au chocolat, elle va tout faire pour satisfaire ce désir. Mais est-cele cas pour tous nos désirs ? Car si une personne désire une voiture hors de ses moyens pourrait-elle réaliser ce désir ? Pour traiter ce problème, nous commencerons à examiner dans un premier temps pour quelle raison le désir semble d’abord indissociable avec l’idée d’esclavage. Et dans un deuxième temps, nous verrons que pour atteindre la liberté, il faut savoir limiter ses désirs.

Dans unpremier temps, il semble impossible que l’homme puisse suivre ses désirs et être en même temps esclave de ses désirs. Il suffit de définir les concepts de désir et d’esclavage pour constater qu’ils s’opposent. Le désir désigne toute « envie » quels que soit son objet ou son intensité. L’esclavage c’est une soumission, c’est quand une personne obéit contre son propre intérêt.
On voit donc que lesconcepts de désir et de liberté paraissent incompatibles : il n’est pas possible de suivre tous ses désirs et d’être en même temps esclave de ses désirs.
Pour l’opinion commune, satisfaire tous ses désirs consiste simplement à les suivre et à ne pas les refreiner. Mais en suivant cette logique c’est-à-dire en refusant de lutter contre eux, on devient esclave de ses désirs car il y a soumission,puisqu’on ne parvient pas à agir sur nos pulsions et qu’on les satisfait. Tel que le dit Baruch Spinoza «  l’individu entraîné par une concupiscence personnelle au point de ne plus rien voir ni faire de ce qu’exige son intérêt authentique est soumis au pire des esclavages » : quand quelqu’un suit des désirs qui lui nuisent, il est esclave de ses désirs. Pour Spinoza, être esclave c’est obéircontre son intérêt.
Mais le désir se définit aussi par un état de tension interne qui nous pousse à rechercher quelque chose que notre imagination nous présente comme bon, c’est-à-dire comme devant nous apporter une satisfaction. Rousseau dit «  On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère et l’on est heureux qu’avant d’être heureux. » (La Nouvelle Héloïse). Il s’agit de montrerqu’il y a une positivité du désir. Désirer c’est valoriser, embellir ce que l’on désire et en jouir d’avance. La réalisation du désir est souvent décevante et c’est donc dans le désir lui-même et non dans son accomplissement que réside largement le bonheur. Désirer c’est imaginer ce qu’on obtient tel que le dit Rousseau : « Le pays des chimères est au monde le seul digne d’être habité. » Donc quand unepersonne obtient ce qu’elle a tant désiré, elle n’est plus aussi contente de l’avoir que quand elle se l’imaginait. En voici un exemple qui illustre bien cet argument : l’épisode de la quatrième dimension « Enfer ou paradis » dans lequel Rocky Valentine, un criminel, est tué au cours d’un cambriolage. Il rencontre Pip qui se présente comme étant son ange gardien, et lui offre tout ce qu’ildésire. Mais Rocky, lassé d’avoir tout ce qu’il désire sans le moindre effort, demande à Pip de l’expédier en enfer, et ce dernier lui répond en riant qu’il y est. Donc si on avait tout ce que nous désirerions, nous n’aurions plus de désirs et donc nous serions malheureux. L’homme est un éternel insatisfait.
On vient de montrer que suivre tous ses désirs ne voulait pas dire forcément tous lessatisfaire sans prendre en compte son intérêt authentique. Et aussi que si les désirs étaient tous satisfais, l’homme n’aurait plus aucun but et donc serait malheureux. Le désir est le moteur de l’existence humaine.

Nous avons vu dans la première partie que le désir semblait être par définition indissociable avec l’esclavage, mais il nous faut nous demander maintenant si la liberté est absence de...
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