Disserte

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  • Publié le : 17 mai 2011
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DISSERTATION SUR LE THEATRE
CORPUS :
1- CORNEILLE : Médée (1635)
2- RACINE : Phèdre (1677)
3- BECKETT : Fin de partie
4- Bernard-Marie Koltès : Roberto Zucco (1988)
QUESTION (4 pts)
Qu’est-ce qui fait l’unité du corpus ?
Attention, ce type de question ne nécessite pas avant tout un classement comme pour le sujet de bac blanc. Il faut comprendre ce qui réunit les textes etjustifiez par des repérages précis dans le texte.

DISSERTATION (16 pts)
Dans sa préface à Andromaque, Racine rappelle qu’il faut que les personnages de tragédie « ne soient ni tout à fait bons, ni tout à fait méchants. »
Vous direz dans quelle mesure votre connaissance de la tragédie permet d’expliquer et de vérifier le point de vue de Racine.
Vous êtes autorisé à prendre certains exemplesdans la comédie pour élargir la réflexion mais n’oubliez pas que le point de départ de cette dernière, c’est la tragédie. Le traitement du sujet requiert en outre que vous soyez au point sur la notion de « tragédie ». Lisez par exemple l’article de Wikipedia.

DOCUMENT 1 : CORNEILLE : Médée Acte V, sc.6 (1635)
Corneille met en scène la fureur vengeresse de la magicienne Médée envers Jason, lepère de ses deux enfants qui l’a répudiée pour épouser Créüse, la fille du roi Créon. Après avoir causé la mort de ces derniers, Médée annonce à Jason le meurtre de leurs deux fils.

Médée, en haut sur un balcon.
Lâche, ton désespoir encore en délibère ?
Lève les yeux, perfide, et reconnais ce bras
Qui t’a déjà vengé de ces petits ingrats ;
Ce poignard que tu vois vient de chasser leurs âmes,Et noyer dans leur sang les restes de nos flammes.
Heureux père et mari, ma fuite et leur tombeau
Laissent la place vide à ton hymen nouveau.
Rejouis-t’en, Jason, va posséder Créuse:
Tu n’auras plus ici personne qui t’accuse ;
Ces gages de nos feux ne feront plus pour moi
De reproches secrets à ton manque de foi.
Jason
Horreur de la nature, exécrable tigresse !
Médée
Va, bienheureuxamant, cajoler ta maîtresse:
À cet objet si cher tu dois tous tes discours ;
Parler encore à moi, c’est trahir tes amours.
Va lui, va lui conter tes rares aventures,
Et contre mes effets ne combats point d’injures.
Jason
Quoi ! tu m’oses braver, et ta brutalité
Pense encore échapper à mon bras irrité ?
Tu redoubles ta peine avec cette insolence.
Médée
Et que peut contre moi ta débilevaillance ?
Mon art faisait ta force, et tes exploits guerriers
Tiennent de mon secours ce qu’ils ont de lauriers.
Jason
Ah ! c’est trop en souffrir ; il faut qu’un prompt supplice
De tant de cruautés à la fin te punisse.
Sus, sus, brisons la porte, enfonçons la maison ;
Que des bourreaux soudain m’en fassent la raison.
Ta tête répondra de tant de barbaries.

DOCUMENT 2 : RACINE : Phèdre (1677)Phèdre avoue à sa confidente Oenone qu’elle aime son beau-fils Hippolyte, fils de son époux, le roi Thésée.
OENONE
Madame, au nom des pleurs que pour vous j'ai versés,
Par vos faibles genoux que je tiens embrassés,
Délivrez mon esprit de ce funeste doute.
PHÈDRE
Tu le veux. Lève-toi.
OENONE
                               Parlez : je vous écoute.
PHÈDRE
Ciel ! que vais-je lui dire ? Etpar où commencer ?
OENONE
Par de vaines frayeurs cessez de m'offenser.
PHÈDRE
O haine de Vénus ! O fatale colère !
Dans quels égarements l'amour jeta ma mère !
OENONE
Oublions-les, Madame. Et qu'à tout l'avenir
Un silence éternel cache ce souvenir.
PHÈDRE
Ariane, ma sœur ! de quel amour blessée,
Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée !
OENONE
Que faites-vous, Madame ? Et quelmortel ennui
Contre tout votre sang vous anime aujourd'hui ?
PHÈDRE
Puisque Vénus le veut, de ce sang déplorable
Je péris la dernière, et la plus misérable.
OENONE
Aimez-vous ?
PHÈDRE
                   De l'amour j'ai toutes les fureurs.
OENONE
Pour qui ?
PHÈDRE
             Tu vas ouïr le comble des horreurs.
J'aime… A ce nom fatal, je tremble, je frissonne.
J'aime…
OENONE...
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