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  • Publié le : 6 mai 2010
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(NB. L’essence même du romantisme c’est de voir un lien voir une union intrinsèque entre la poésie et la vie)
= (analyse dans La poésie française du Moyen-Age jusqu’à nos jours PUF p.332-333 direction Michel Jarrety)
« Un même coup de force fait entrer dans la tragédie le grotesque et dans le vers les mots propres, « sans bas », « sans perruque », « populace du style au fond de l’ombreéparse ». L’identification de la langue poétique à toute la langue ordinaire est un acte politique. C’est aussi un acte religieux, parce que le mot, chaque mot, « jailli de l’ombre » est « face de l’invisible, aspect de l’inconnu », et, comme tel, non interchangeable.

- Pour ce faire, les romantiques partent en guerre contre la rhétorique, soit contre une conception de la poésie :
=> qui suppose d’accorder le primat aux figures dites poétiques et qui suppose une conception de la poésie qui soit formelle, qui implique que le fond, le sens, le discours passent en second face à la dimension ornementative.
=> qui réduise l’espace poétique au topoï
=> qui implique le désinvestissement du sujet poétique

// en regard :
=> cela ne suppose pas le refus de toute rhétorique, loin s’en faut ;les romantiques revendiquent bien plutôt l’émancipation de la rhétorique
=> repose sur l’engagement total du sujet poétique qui confère à la poésie sa puissance de par l’énergie dans l’énonciation. (sauf peut-être Nerval qui inaugure la poésie moderne en allant jusqu’à la dislocation du discours par la juxtaposition des énigmes oraculaires dans Vers dorés, Chimères).
=> supposeune poésie qui s’appuie sur les tropes, tout particulièrement, mais pour faire jaillir des images, des symboles qui redonnent une place première à l’imagination, pour créer des images autonomes qui rendent compte des liens entre le visible et l’invisible, qui mettent au jour les liens inconnus imperceptibles entre les choses, pour dire l’unité du monde. Baudelaire commentant Victor Hugo en 1861 ditque les grands poètes élaborent des métaphores « mathématiquement exactes » en recourant à « l’inépuisable fonds de l’universelle analogie » dans Réflexions sur quelques uns de mes contemporains 1869
Hugo très spécifiquement entend donner la parole à un monde où tout communique avec tout.
Cf. V. Hugo Les contemplations Pleurs dans la nuit.
Et Baudelaire lui-même se fait le« déchiffreur » de l’ »universelle analogie ».
Pour lui tout correspond à tout dans la « forêt de symboles » et la poésie devient expérience de la rencontre des signes sacrés de la nature et de nerfs suffisamment sensibles pour percevoir par synesthésies la correspondance entre les sensations. Cf. Correspondance.

- Parallèlement, les romantiques vont prendre le parti de plus et de moinsde grammaticalité. Plus de grammaticalité puisque le vers ne doit plus se faire tordre la phrase grammaticale. Moins de grammaticalité, parce que le poète fait éclater la structure du vers (NB enjambement, travail sur la métrique, rimes enrichies – la rime est « l’unique harmonie / Du vers dit Sainte-Beuve in Vie, poésies et pensées de Joseph Delorme et Hugo in Préface de Cromwell la rime est le« générateur de notre vers ». NB notamment l’émergence du trimètre romantique qui fait éclater l’organisation traditionnelle de l’alexandrin.
De fait Hugo, ibidem, en appelle à un vers « large et vrai ; sachant briser à propos et déplacer la césure pour déguiser sa monotonie d’alexandrin ; […] Prenant, comme Protée, mille formes sans changer de type et de caractère […] Il nous semble que cevers-là serait bien aussi beau que de la prose ».
Inviter les élèves à lire le para de Grammon sur le vers Hugolien.
C’est cette quête du naturel, de l’expressivité, de la richesse qui conduit les romantiques à redécouvrir toutes els formes fixes : rondeau, odelette, ballade, sonnet.
Tout cela n’exclut pas un certain classicisme, la recherche de la régularité, d’une...
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