Division du processus productif

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1097 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 24 mars 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Division internationale du processus productif
Lorsqu’on pense à la mondialisation de la production l’image des firmes implantées dans plusieurs pays s’impose. Pourtant, à côté de la stratégie des firmes multinationales, il existe des liens techniques entre entreprises de pays différents, la production est décomposée en segments puis recomposée pour la vente.
Au lieu de créer des établissementsdans plusieurs pays ou d’acquérir par des investissements directs à l’étranger des entreprises situées dans le processus de production il est souvent plus simple d’utiliser les échanges internationaux de biens et services. Il s’agit en fait du développement d’une division internationale du processus productif (DIPP) [1] s’appuyant sur le commerce international. Plus un produit est complexe, plusil se compose de composants qui peuvent être fabriqués de façon autonome les uns des autres.
Les illustrations de cette DIPP sont souvent choisies dans le secteur de l’automobile. Un véhicule automobile comporte, plus de 5 000 pièces. Ces composants sont progressivement réunis en sous-ensembles, puis totalement rassemblés lors de l’élaboration du produit final dans le cadre d’une opérationd’assemblage. Cette décomposition du produit permet de fabriquer les différentes pièces dans de nombreux pays en fonction de leurs avantages comparatifs. Les constructeurs peuvent décider de segmenter les opérations de production, de délocaliser certaines d’entre elles et de faire appel à des sous-traitants de tous pays. Ce phénomène donne lieu d’une part à un commerce international de pièces détachées oude produits semi-finis, et d’autre part à des réexportations de produits finis après montage. Les opérations d’assemblage et de montage nécessitant en général beaucoup de main d’œuvre peu qualifiée, peuvent être effectuées dans des pays où le facteur travail est abondant et bon marché. La coordination de ce système est facilitée par la baisse continue des coûts de transport et de communication.L’ancien secrétaire au Travail de l’Administration Clinton, Robert Reich donne l’exemple de la Pontiac Le Mans de General Motors [2].
Des 20 000 dollars payés à General Motors, 6 000 environ vont à la Corée du Sud pour le travail courant et les opérations de montage, 3 500 au Japon pour les composants de pointe (moteurs, axes de transmission électronique), 1 500 en Allemagne pour le dessein de lacarrosserie et les études de conception, 800 à Taiwan, à Singapour et au Japon pour les petits composants, 500 en grande Bretagne pour le marketing et la publicité, et environ 100 en Irlande et aux Barbades pour le traitement des données. Le reste, soit moins de 800 dollars, va aux stratèges de Détroit, à des avocats et des banquiers new-yorkais, à des lobbyistes de Washington, à des employésd’assurances et à des membres de professions de santé dans tous les États-Unis, et aux actionnaires de General Motors, dont la plupart vivent aux États-Unis, mais dont un nombre croissant sont des étrangers. Il va sans dire que le nouveau propriétaire de la Pontiac n’a pas conscience d’avoir tant acheté au-delà des mers.
Robert Reich entendait montrer que partout les champions nationaux deviennent desréseaux mondiaux n’ayant pas de lien particulier avec une nation particulière. À mesure que les firmes américaines produisent ou achètent de plus en plus à l’étranger, et que les firmes appartenant à des étrangers produisent ou achètent aux États-Unis, les deux ensembles de réseaux mondiaux se ressemblent de plus en plus, indépendamment de leur nationalité officielle.
L’histoire a montrécependant que pour l’industrie automobile cette stratégie a échoué. L’accord entre General Motors et Daewoo a été rompu et la Pontiac n’a pas eu le succès attendu. D’ailleurs tous les constructeurs ont aujourd’hui des systèmes productifs localisés sur une base de relative proximité géographique (l’Asie pour les firmes japonaises, l’Europe orientale et l’Europe du Sud pour le firmes européennes,...
tracking img