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Examen blanc du 1er trimestre 1ère STTG
OBJET D’ETUDE : LE BIOGRAPHIQUE

DOCUMENTS
A - Mme de Sévigné, Lettres (6 février 1671)
B - Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, livre III (1782)
C - Raymond Queneau, Chêne et Chien, I (1937)

ECRITURE

I) Vous répondrez d’abord aux questions suivantes (6 points) :
1. Expliquez de quelle façon ces trois textes s’apparentent au genreautobiographique.
2. Quel type de relation adulte-enfant est évoqué dans chacun de ces extraits ?

II) Vous traiterez ensuite l’un de ces sujets (14 points) :
Sujet I : Commentaire
Vous ferez le commentaire du texte de Rousseau. Vous vous appuierez sur les pistes suivantes.
1.Montrer que ce souvenir d’enfance est composé à la façon d’un apologue
2.Montrer comment se tissent les liens entre lespersonnages, notamment par le jeu des regards.
Sujet II : Dissertation
Quelles sont les raisons qui peuvent pousser quelqu’un à raconter sa vie ? Vous répondrez en vous appuyant sur les textes du corpus et sur vos lectures personnelles.
Sujet III : Ecriture d’invention
Composez une lettre que le père de Queneau pourrait écrire à son fils. Cette lettre parlerait des mêmes souvenirs que ceux évoquésdans le poème autobiographique (document C). On y trouverait la nostalgie du temps passé, le chagrin d’un père (mercier à la retraite, vivant au Havre) éloigné de son fils (écrivain célèbre, vivant à Paris).

DOCUMENT A
A Mme de Grignan,
A Paris, vendredi 6 février (1671)
Ma douleur serait bien médiocre si je pouvais vous la dépeindre; je ne l'entreprendrai pas aussi. J'ai beau chercher machère fille, je ne la trouve plus, et tous les pas qu'elle fait l'éloignent de moi. je m'en allai donc à Sainte-Marie, toujours pleurant et toujours mourant. Il me semblait qu'on m'arrachait le coeur et l'âme, et en effet, quelle rude séparation ! je demandai la liberté d'être seule. On me mena dans la chambre de Mme du Housset, on me fit du feu. Agnès me regardait sans me parler ; c'était notremarché. J'y passai jusqu'à cinq heures sans cesser de sangloter ; toutes mes pensées me faisaient mourir. J'écrivis à M. de Grignan, vous pouvez penser sur quel ton. J'allai ensuite chez Mme de Lafayette, qui redoubla mes douleurs par la part qu'elle y prit. Elle était seule, et malade, et triste de la mort d'une sœur religieuse ; elle était comme je la pouvais désirer. M. de La Rochefoucauld yvint. On ne parla que de vous, de la raison que j'avais d'être touchée, et du dessein de parler comme il faut à Mélusine1. Je vous réponds qu'elle sera bien relancée. D'Hacqueville vous rendra un bon compte de cette affaire. Je revins enfin à huit heures de chez Mme de Lafayette. Mais en entrant ici, bon Dieu ! comprenez-vous bien ce que je sentis en montant ce degré ? Cette chambre où j'entraistoujours, hélas! j'en trouvai les portes ouvertes ; mais je vis tout démeublé, tout dérangé, et votre pauvre petite fille qui me représentait la mienne. Comprenez-vous bien tout ce que je souffris ? Les réveils de la nuit ont été noirs, et le matin je n'étais point avancée d'un pas pour le repos de mon esprit. L'après-dîner se passa avec Mme de La Troche à l'Arsenal. Le soir, je relus votre lettre, quime remit dans les premiers transports, et ce soir j'achèverai celle-ci chez M. de Coulanges, où j'apprendrai des nouvelles. Car pour moi, voilà ce que je sais, avec les douleurs de tous ceux que vous avez laissés ici. Toute ma lettre serait pleine de compliments, si je voulais.

1Mélusine : Nom d'une méchante fée. Mme de Sévigné appelait ainsi par vengeance Mme de Marans, qui avait eu despropos malveillants sur Mme de Grignan.

DOCUMENT B
On donnait ce jour-là un grand dîner, où, pour la première fois, je vis avec beaucoup d'étonnement le maître d'hôtel servir l'épée au côté et le chapeau sur la tête. Par hasard on vint à parler de la devise de la maison de Solar, qui était sur la tapisserie avec les armoiries : Tel fiert qui ne tue pas. Comme les Piémontais ne sont pas pour...
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