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  • Publié le : 11 avril 2010
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Le Casse-tête du chômage :
L’étymologie du mot chômage revoie aux grandes chaleurs qui empêchaient autrefois les travaux des champs. Le mot désignait aussi toute journée où le travail était suspendu : les jours chômés. De nos jours, malheureusement, « chômage » est devenu synonyme de crise économique, de souffrances, de doutes, de vies en suspens. Pour l’immense majorité des gens, la crise,c’est cela et rien d’autre. Du reste (les déficits des différents budgets, l’endettement, le CAC 40), les gens se moquent éperdument. Ce sont des problèmes mystérieux, d’un autre monde. Alors que le chômage on sait ce que c’est, on sait ce que cela signifie. L’histoire a montré quels dégâts le chômage pouvait provoquer. Le spectre de la crise de 1929, avec ses files d’attente devant la soupe populaireet ses cortèges de gens désespérés prêts à tout pour échapper au fléau, a durablement marqué les esprits.
(Querelles d’experts)Les économistes se sont très tôt séparés sur l’analyse de ce dysfonctionnement central de la mécanique économique. Depuis les origines, deux sensibilités, deux logiques se sont distinguées et affrontées. Au bout de deux siècles de réflexion, nous en sommes toujours là.D’un côté, la tradition libérale, immuable dans son dogme : le chômage est lié à un mauvais fonctionnement du marché du travail. La solution est simple : rendons au marché sa fluidité, sa liberté de fonctionnement et le chômage disparaîtra spontanément. De l’autre, la tradition critique à l’économie libérale, plus ou moins keynésienne ou marxiste, qui considère que le chômage est, au contraire,au cœur même de l’incapacité de l’économie de marché d’avoir un fonctionnement optimal..
Dans l’histoire des théories et des politiques économiques, ces deux sensibilités se sont succédées comme pensées et pratiques dominantes. Jusqu’à la crise de 1929, la pensée libérale a dominé, ensuite c’est la pensée keynésienne qui a dicté sa loi, tout au long des Trente Glorieuses, jusqu’à ce que lagrande crise la remette en cause.
Selon les Libéraux :
« Nul ne doit faire peser sur la société le fardeau de sa paresse ou de son imprévoyance », disait Adolphe THIERS (1797-1877) en 1850. Paresse, mauvais calculs : toute la pensée libérale sur le chômage reconduit inévitablement à ce genre de considérations. Traditionnellement, les économistes libéraux pensent que le marché du travail est unmarché comme un autre et, accessoirement, que le travail est une marchandise comme une autre. Dès lors, seule la variation du prix(ici, le salaire) peut permettre à l’offre et à la demande de s’égaliser.
Si, pour une raison quelconque, il y a sur le marché un nombre d’emplois offerts inférieur au nombre de chercheurs d’emploi, naturellement le salaire baisse : cette baisse des salaires pousse lesentreprises à embaucher plus, et le chômage se résorbe de lui-même : on retrouve donc une situation de plein emploi. Dans ces conditions, s’il existe encore du chômage, c’est que certaines personnes ne veulent pas travailler pour le salaire offert. Si les salaires sont flexibles, il ne peut exister qu’un seul type de chômage : le chômage volontaire.
Dès lors, s’il y a chômage, c’est soit parceque le marché ne fonctionne pas correctement, soit parce que les chômeurs choisissent le chômage. Dans le premier cas, l’accusé principal est tout système qui empêche le salaire de baisser : le salaire minimum, les conventions collectives, les lois qui fixent des durées de temps de travail trop faibles, les charges sociales. Dans le deuxième cas, sont accusés tout les dispositifs qui peuventfavoriser le choix de ne pas travailler, notamment des indemnités chômage trop généreuses ou des revenus de substitution mis en place par une générosité publique excessive (RMI, allocations familiales, etc..).
Autour de ces deux thèmes inamovibles, les économistes libéraux ont exploré d’autres voies, mais toujours en mettant l’accent sur la responsabilité de l’individu. Gary BECKER, par...
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