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ALBERT (Pierre), « la presse au moment de la Révolution française », in Histoire de la Presse, Paris, P.U.F., 2003, Que Sais Je ?

Longtemps censurée, la presse est réduite en Europe et dans les colonies européennes. Le pouvoir royal interdit la liberté d’expression et muselle l’opinion publique. La presse de la période révolutionnaire (au sens large), 1760-1804, est par contraste foisonnantedans la plupart des pays connaissant des troubles révolutionnaires (France, mais aussi Angleterre, États-Unis, Allemagne…) : l’essor des libertés d’expression et d’opinion est cependant encore largement contrôlé par les pouvoirs en place, voire censuré. Suivant l’essor de la presse, on assiste à l’avènement de l’opinion publique qui se saisit des thèmes de la vie politique.

1°. La presseanglaise 

□ De 1621 à 1791 

La presse anglaise de cette période est tumultueuse. Burke, en 1787, la qualifie de « 4e pouvoir » ; il existe ainsi une relative liberté des journaux et donc une certaine stimulation de la concurrence. La presse est aussi souvent plus riche que sur le continent. Mais en 1695, elle est étroitement surveillée. Elle acquerra par la suite une relative liberté malgréde nombreuses poursuites. En 1712, elle est soumise au lourd droit du timbre (taxe qui, par son coût, limite le tirage). Malgré cela, la production est multipliée par 8 entre 1712 et 1757. en 1771, les journaux peuvent rendre compte des séances du Parlement, mais sous certaines conditions imposées en 1792.

□ De 1791 à 1870 

La presse est contrôlée, car le pouvoir a peur de voirun développement de la presse populaire, jugée trop radicale. En 1785, le Times est fondé sous le titre du Daily Universal Register, par John Walter (à la base, une simple feuille qui devient un journal en 1803). Ce grand journal fut un modèle pour beaucoup d’autres. En 1796, on assiste à la création d’un autre grand journal, le Morning Chronicle de James Perry.

2°. La Presse américaine □ Les débuts : 1690-1830 

Au début, la plupart des feuilles américaines copie celles anglaises, mais le tirage reste faible et la presse encore très surveillée. La presse fait mine d’une relative médiocrité. Le nombre est relativement fort et en évolution : 34 journaux en 1775 contre 43 en 1782. Deux journaux jouèrent un grand rôle dans le déclenchement de la révolte : le Boston Gazettede Samuel Adams, et le Pennsylvanie Magazine de Thomas Paine. Après la victoire américaine, les premiers quotidiens apparaissent dont le Pennesylvanie Packet et l’American Daily Advertiser. Le tirage est toujours assez limité. En 1791, le congrès se retire tout droit de surveillance sur la presse sauf quelques poursuites en cas de violentes oppositions politiques.
□ Naissance dujournalisme moderne, 1783-1865 

Vers 1790, beaucoup de villages ont leur feuille, mais le tirage est faible et le journalisme de médiocre qualité (violence des attaques verbales…). En 1800, 17 quotidiens et plus de 200 périodiques ont été créés dans les 13 Etats (dont les plus importants se trouvent dans le Nord Est plus cultivé…).

3°. La presse allemande 

□ Le poids écrasant de lacensure (1610-1792) 

Les imprimeries sont nombreuses en Allemagne, mais la presse est peu développée. Les feuilles se multiplient cependant tout au long du 18e siècle :
- 57 en 1701
- 182 en 1788 on en retrouve dans chaque Etat qui compose l’empire.
- 200 en 1800
Mais la censure est particulièrement forte, notamment dans la Prusse de Frédéric IIoù la vie des journaux est difficile. Censure également très forte dans l’empire des Habsbourgs. Mais en 1781, Joseph II accorde une grande liberté à la presse ( floraison des journaux, mais très vite, les choses se gâtent :
- 1782 : droit du timbre (qui a pour effet de limité le tirage)
- 1789 : nouvelle élévation du Timbre
- 1791 : rétablissement de la...
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