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  • Publié le : 27 avril 2010
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           J'ai découvert il y a quelques temps déjà cette nouvelle de  quelques pages. Cette histoire résume parfaitement ce qui peut arriver quand on ne proteste pas au bon moment.
 
          Se taire quand une décision nous dérange trop peu pour qu'on s'en soucie, en se disant: " ce n'est pas vraiment important et ça ne me concerne pas directement" et un beau jour s'apercevoir quela situation est dramatique et qu'il est trop tard...

          Est-ce ainsi que les dictatures naissent? Est-e ainsi que Hitler a pu faire un tel chemin?

         Ce texte est un fantastique appui pour des discussions avec les enfants. Tout accepter? Savoir protester? Apprendre à ne pas être des moutons, et parler tant qu'il en est temps..

         Il n'est jamais trop tôt pour apprendreà savoir refuser l'inacceptable...dès le début...

Matin brun

Les jambes allongées au soleil, on ne parlait pas vraiment avec Charlie, on échangeait des pensées qui nous couraient dans la tête, sans bien faire attention à ce que l'autre racontait de son côté. Des moments agréables, où on laissait filer le temps en sirotant un café. Lorsqu'il m'a dit qu'il avait dûfaire piquer son chien, ça m'a surpris, mais sans plus. C'est toujours triste un clebs qui vieillit mal, mais passé quinze ans, il faut se faire à l'idée qu'un jour ou l'autre il va mourir.

- Tu comprends, je pouvais pas le faire passer pour un brun.

- Ben, un labrador, c'est pas trop sa couleur, mais il avait quoi comme maladie?

- C'est pas la question, c'était pas un chien brun, c'esttout.

- Mince alors, comme pour les chats, maintenant?

- Oui, pareil.

Pour les chats, j'étais au courant. Le mois dernier, j'avais dû me débarrasser du mien, un de gouttière qui avait eu la mauvaise idée de naître blanc, taché de noir.

C'est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que d'après ce que les scientifiques de l'État national disaient, il valait mieuxgarder les bruns. Que des bruns. Tous les tests de sélection prouvaient qu'ils s'adaptaient mieux à notre vie citadine, qu'ils avaient des portées peu nombreuses et qu'ils mangeaient beaucoup moins. Ma foi, un chat c'est un chat, et comme il fallait bien résoudre le problème d'une façon ou d'une autre, va pour le décret qui instaurait la suppression des chats qui n'étaient pas bruns.

Les milicesde la ville distribuaient gratuitement des boulettes d'arsenic. Mélangées à la pâtée, elles expédiaient les matous en moins de deux. Mon coeur s'était serré, puis on oublie vite.

Les chiens, ça m'avait surpris un peu plus, je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que c'est plus gros, ou que c'est le compagnon de l'homme, comme on dit. En tout cas, Charlie venait d'en parler aussinaturellement que je l'avais fait pour mon chat, et il avait sans doute raison. Trop de sensiblerie ne mène pas à grand-chose, et pour les chiens, c'est sans doute vrai que les bruns sont plus résistants.

On n'avait plus grand-chose à se dire, on s'était quittés, mais avec une drôle d'impression. Comme si on ne s'était pas tout dit. Pas trop à l'aise.

Quelque temps après, c'est moi qui avais apprisà Charlie que le Quotidien de la ville ne paraîtrait plus. Il en était resté sur le cul: le journal qu'il ouvrait tous les matins en prenant son café crème!

- Ils ont coulé? Des grèves, une faillite?

- Non, non, c'est à la suite de l'affaire des chiens.

- Des bruns?

- Oui, toujours. Pas un jour sans s'attaquer à cette mesure nationale. Ils allaient jusqu'à remettre en cause lesrésultats des scientifiques. Les lecteurs ne savaient plus ce qu'il fallait penser, certains même commençaient à cacher leur clébard!

- À trop jouer avec le feu...

- Comme tu dis, le journal a fini par se faire interdire.

- Mince alors, et pour le tiercé?

- Ben mon vieux, faudra chercher tes tuyaux dans les Nouvelles brunes, il n'y a plus que celui-là. Il paraît que côté courses et sports,...
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