Doit on apprendre a devenir soi meme ?

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  • Publié le : 21 novembre 2010
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Doit-on apprendre à devenir soi-même ?

« Devenir soi-même » implique un changement, une transformation du soi. Ici, le pronom est associé à « même » pour symboliser une insistance du soi. Au premier abord, la question semble contradictoire : comment pourrais-je devenir moi, si devenir moi-même est devenir ce que l’on est déjà ? Lorsque je deviens quelqu’un, je ne suis plus le même qu’avant, etainsi je ne suis pas fidèle à ce que j’étais. Le sujet présuppose également que l’on n’est pas soi-même d’emblée, tout de suite, il faudrait le devenir. De plus, il faudrait « apprendre », c'est-à-dire assimiler un nouveau savoir pour passer de l’ignorance initiale à un « moi » achevé : cela ne se fait pas tout seul, il faudra fournir des efforts. La question sous-entend également que l’on devraréfléchir à la nécessité de cette quête. Comment cette acquisition du moi se déroule t-elle ? Nous nous demanderons tout d’abord : qu’est-ce qu’être soi-même ? Puis nous réfléchirons au moment où cette transformation a lieu. Enfin, nous nous demanderons qui est-ce qui nous l’apprend, mais aussi, est-ce une obligation ?

I] Être soi-même

Par une première approche, nous pouvons penser quespontanément, naturellement nous sommes déjà nous-mêmes. Nous avons un « soi », un caractère, nous pensons donc l’humain pourrait être, par définition, toujours soi-même. Néanmoins, la formulation de la question écarte cette hypothèse.
On peut, en revanche, considérer qu’être soi-même, c’est être constant dans ses choix, conscient de ses actes : agir librement et non comme les autres. C'est-à-direêtre fidèle à ses opinions, être le sujet de ses pensées, ne pas être quelqu’un d’autre. On est soi en se définissant par nos actions propres, en s’exprimant sans ambiguïté. Celui qui n’est pas lui-même est souvent critiqué, d’où la traditionnelle exigence d’être soi-même : on considère qu’il joue un rôle à travers des pensées artificielles mais aussi, et le plus souvent, à travers des apparences.Celles-ci sont néanmoins essentielles : elles se doivent d’exister pour nous définir vis-à-vis des autres. L’apparence est souvent trompeuse est n’est jamais un gage, une preuve d’authenticité du caractère de la personne. Mais comment distinguer un « menteur » par rapport à quelqu’un qui est réellement lui-même ? Après tout, une personne ne pourrait-elle pas adopter un tempérament autre que le sienpendant toute une vie ? Cette inauthenticité semble fortement critiquable, il se pose alors le problème de la sincérité vis-à-vis d’autrui.
Cet artifice est néanmoins courant : de nombreuses personnes se distinguent aujourd’hui à travers l’imitation d’une personnalité comme un chanteur ou une chanteuse. C’est le cas chez certains adolescents qui se cherchent, ne sont pas satisfaits de leur« soi », essayent de trouver leurs marques dans la société et qui s’identifient à travers les idées ou les vêtements d’autres personnes. Ils ont ainsi l’illusion de ressembler à quelqu’un, de partager ses idées.
Selon Rousseau, ces représentations, ces identifications sont présentes parce que nous vivons en société. L’humain sait ce qui est à lui, et sait ce qui est à autrui, il pose une limite : cettelimite, cette frontière est systématiquement source de conflits et de comparaisons. Rousseau dit : « Commençons par redevenir nous ». Par une rivalité permanente, par un jeu des apparences, il considère qu’il y a eu un passage de l’être au paraître. Rousseau prône le retour à soi-même, il considère que l’individu s’est perdu lui-même : le naturel, l’être pur a disparu.
Cette société civile conduitles hommes à ne plus être eux-mêmes ; nous pouvons alors citer le terme d’aliénation sociale qui est « un état de l’individu dépossédé de lui-même par la soumission de son existence à un ordre de choses auquel il participe mais qui le domine ». Le fait de ne plus être soi-même est synonyme d’aliénation. C’est un peu le cas lorsqu’on dit à son interlocuteur l’inverse de ce que l’on pense, pour...
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