Doit-on respecter le vivant?

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 10 (2270 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 17 octobre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Doit-on le respect au vivant?

1. Détermination du problème1.1. DéfinitionsLe vivant peut se définir de trois manières. La pensée classique définit comme vivant tout être animé d’un principe de croissance interne (ainsi un arbre pousse-t-il par ses propres forces). Une définition plus contemporaine décide qu’est vivant tout être capable de reproduction et de respiration (cette fonctionenglobant toutes les relations chimiques avec l’environnement, y compris la digestion). Enfin, plus pragmatiquement, on considère généralement que le vivant regroupe les règnes végétaux, animaux et humains.Le "respect", quant à lui, constitue une notion beaucoup plus floue. Les copies, je l’ai découvert avec quelque étonnement, n’entendent plus « respect » dans son acception stricte, mais presque toujoursdans un sens détourné, et affaibli. Le respect désigne d'abord le sentiment de déférence ressenti par le subordonné pour son supérieur, et manifesté par sa soumission à l’autorité. L’antonyme du « respect » est ici la révolte, ou l'insubordination.Dans une conception beaucoup plus large (venue de la pensée kantienne), le respect désigne le sentiment par lequel une personne reconnaît un autre êtrehumain comme une fin et non comme un moyen. Il s’agit ici, au-delà des divergences d’opinions, d’une reconnaissance de la dignité humaine chez autrui. Le respect se rapproche ici de la non-discrimination. Il s’oppose au mépris et à l’irrespect. Proche de cette acception, « le respect » peut également désigner l’affirmation d’une égalité en droits entre concitoyens (le respect de la présomptiond’innocence, par exemple). Ces deux acceptions larges correspondent au sens contemporain qu’on donne de préférence à ce mot - et on retrouve quelque peu, dans ce sens proche, le sens strict puisqu'on parle de "respect de la loi" au sens d'obéissance à la loi.Enfin, dans le sens élargi – employé par exemple dans l’expression « respect de l’environnement » – le mot désigne une obligation morale (etparfois légale) de protéger un bien extérieur. Il s’oppose à la destruction ou à l’imprudence.On le constate sans peine : la dernière définition du mot opère un renversement complet par rapport à la définition première – d’où une inévitable ambiguïté sur cette notion.Du reste, il convient de tenir compte de la dimension très contestable de cette notion dans chacune de ses acceptions. Au sens strict,le respect se présente comme une valorisation contestable de la servilité. Au sens élargi, entendu comme acte singulier de reconnaissance, il laisse entendre que cet acte constitue un effort inhabituel, voire exceptionnel : on ne respecterait autrui qu’à l’issue d’une sorte de dénaturation, ou d’une violence faite à soi-même (fût-elle seulement mentale). Le fait même, du reste, d’accorder sonrespect à autrui malgré une divergence d’opinions dévalue, précisément, l’opinion d’autrui, comme si elle n’avait qu’une importance secondaire. Dans le sens élargi enfin, cette protection présuppose la faiblesse de l’objet extérieur.Le flou regrettable de cette notion interroge durement le sens de la question (ainsi que les litanies débitées aux ados où l’on ne cesse de vanter « le respect » sansjamais le définir). Comment faut-il l’entendre ? « Doit-on obéir au vivant ? » « Faut-il protéger le vivant ? » « Devons-nous reconnaître des droits au vivant en général ? »1.2. Forme de la question"Doit-on ... ?" : "on", entendu au sens le plus large, désigne l'humanité entière. La question du devoir, par ailleurs, porte bien sur ce qu'il serait souhaitable de faire ou d'accomplir. Dans un sens plusfort, elle va même jusqu'à demander si nous avons une obligation positive envers le vivant en général.1.3. Relations entre les termesA ce stade, on voit que la question autorisait deux dissertations fondées sur deux lectures assez différentes du sujet. Première possibilité (A) : le "devoir" relève de la morale ou du droit, domaines destinés à régler les rapports entre humains ; peut-on imaginer...
tracking img