Doit on se libérer du désir ou libérer son désir ?

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  • Publié le : 9 octobre 2009
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« Le désir est l’essence de l’homme », a dit Spinoza. Le désir, la recherche de plaisir, de satisfaction dépassant le besoin « primaire », est ce qui guide les actions de chacun.
Peut-on alors faire ce choix : se libérer du désir, ou bien, libérer le désir ? C'est-à-dire opter pour la fin de son asservissement par le désir (niant ainsi sa nature propre) ou pour la fin des murailles entravantle plein accomplissement du désir, empêchant celui-ci de s’épanouir pleinement.
Le choix semble difficile, puisque catégorique. L’analyse du sujet débutera donc par le recensement des arguments favorables à l’une ou l’autre alternative, légitimant par là le questionnement. Par la suite, le travail sera de montrer qu’il n’est pas si facile, voir impossible, de faire un choix de vie totalementavec ou dépourvue de désir. Enfin, nous verrons qu’il est plus sage de trouver une alternative entre ces deux extrêmes, la voie de moindre mal.

Pour commencer, il sera question d’expliquer que ce dilemme est tout à fait justifié et de savoir pourquoi devoir – ou pouvoir – légitimement choisir de vivre avec ou sans désir.
Voyons avant tout ce qui motive la libération du désir, pourquoivouloir s’en débarrasser ? Schopenhauer peut apporter un début de réponse. En effet, selon lui, le désir est une spirale infernale, faisant continuellement souffrir l’Homme : la naissance du désir signifie chez lui un manque, ce qui est en soi une source de souffrance. Puis vient la course effrénée devant aboutir au plaisir… La course, source de fatigue, de tourment, ne parvient finalement qu’à unplaisir fugace, qui marquera la genèse d’un autre désir : souffrance de nouveau. En outre, le désir peut être (a été) source de conflit, de guerre. La convoitise, la jalousie (expression du désir) conduisent toujours à des situations désastreuses ou ridicules. Subséquemment, par exemple, le père Grandet (d’EugénieGrandet de Balzac), n’ayant d’autre désir que de s’enrichir va entrer en conflit avec sa fille, entraînant par la même la mort de sa femme : le désir, ici, n’a été que source de malheurs. Pour continuer, l’exemple de la Guerre Froide (qui a bafouée les droits de l’Homme d’une façon abominable), suffit à démontrer l’impact néfaste que peut avoir le désir : en l’occurrence, l’aspiration à « dominer lemonde » (d’un point de vue idéologique). Le désir est aussi bien souvent futile, auquel cas, son accomplissement est inutile (on peut alors parler de l’envie de s’enivrer, de frapper…). Donc, le désir, est souventsource de déplaisir ou, tout simplement, inutile. Ce qui contribue au renforcement de la thèse du renoncement au désir. Ainsi, l’Homme libéré du désir pourrait sortir de la spirale évoquée par Schopenhauer, et être, exempt de tout tourment…
Nonobstant, si la recherche de plaisir (le désir) peut être source de peine, de souffrance, ne pas le libérer (être affranchi du désir) n’est source de… rien !La satisfaction, aussi fugace soit-elle, succédant au désir, ne vaudrait-elle pas les quelques déplaisirs encourus ? De plus, il faudrait, selon Freud, libérer son désir, puisqu’il le dit, retenir son désir, c’est le refouler… et le processus de refoulement peut entraîner divers « symptômes » dont le rêve qui déguise le désir : l’inconscient (la substance même de notre être) se refuse à nier cedésir et le « remet d’actualité » sans cesse, harcelant, suppliant, le conscient de libérer ce désir ; prouvant ainsi que le désir, doit être libéré. La libération du désir serait ici le moyen de se libérer des tracas inconscients. De cette manière, Werber, dans L’ultime secret, met en scène des soit disant « épicuriens » (bien que les préceptes d’Epicure soient un tantinet mal interprétés) dont...