Doit-on tout attendre de l'etat ?

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  • Publié le : 31 mars 2010
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’après Aristote, l’homme est un «animal politique» qui a montré qu’il ne pouvait vivre ailleurs qu’en société, dans la cité, la « polis» en grec où autrui tient une place primordiale. C’est au sein de cette même société que se met en place une politique, la politique se définissant comme étant l’art de gouverner, tel un gouvernail au sens étymologique du terme, dirigeant son navire.

D’ores etdéjà, l’homme se définit par son caractère social, vivant dans cet espace codifié que l’on nomme «Etat ». Dès lors, pouvons-nous distinguer différentes sortes d’Etat qui auraient des objectifs opposés? Ou pouvons-nous donner de l’Etat une définition universelle? Ainsi, l’Etat doit-il établir l’ordre ou maintenir la justice ?

Car devons-nous tout attendre de l’Etat?

Un Etat se définit commeétant une nation gouvernant un ensemble d’individus sur un espace géographique donné, garant du respect des lois. La question qui nous est posée demande à ce qu’on définisse le ou les rôles de l’Etat.

Avant tout, il faut dire qu’il existe différentes manières de diriger le peuple, qu’elles soient légitimes ou non. On nommera entre autres l’anarchie qui se définit comme étant un gouvernement oùl’autorité politique est nulle, le totalitarisme où le pouvoir réside dans les mains d’un seul homme qui abuse de son autorité en légiférant un pseudo droit de prise de pouvoir, qui se rapproche d’ailleurs du despotisme. Les philosophes ont montré à travers l’hypothétique état de nature, que la mise en place d’une autorité légitime est nécessaire. Thomas Hobbes définissait cet état de nature comme«horrible état de guerre» où «l’homme est un loup pour l’homme ». En effet, il considérait l’homme comme un être méchant, cruel, menteur. Dans cet état de nature où l’ordre régnait à travers « la loi de la jungle », le droit du plus fort primait sur tout le reste. C’est d’ailleurs ce « droit du plus fort » qui a été critiqué par Rousseau dans Du contrat social. Il le définissait comme une «ineptie»,une antinomie qu’il reliait également à l’esclavage, cette aliénation sans sens que l’homme ne pouvait accepter en tant que «qualité d’homme», c’est à dire ce qui fait de lui un homme. Ainsi en partant de cet état de nature où aucune justice ne régnait et où le droit des hommes était un « pseudo droit de guerre », un droit usurpé donc, les hommes se sont réfugiés d’après Hobbes dans l’état socialoù justice, égalité et sécurité étaient les mots d’ordre. Nonobstant, cet état était encore un faux Etat de droit puisque l’homme vendait en quelque sorte sa liberté naturelle contre la sécurité promise. L’homme ne devait ici rien attendre de l’Etat le Léviathan, le despote qui n’était autre qu’un usurpateur. Que devait alors attendre le peuple de l’Etat? Il n’avait qu’un droit à la vie, dans le casoù le Léviathan franchirait les limites de l’inacceptable, l’atteinte à la vie. Devrions-nous ainsi n’attendre de l’Etat que le maintien de l’ordre par la force ?

Nicolas Machiavel a repris cette idée dans son œuvre principale Le Prince écrite en prison. L’Italie de cette époque était divisée, morcelée en de nombreuses parties. Machiavel accusait le pouvoir papal qui était à l’époqueintimement lié au pouvoir politique. Il a tenté de montrer dans son œuvre comment prendre le pouvoir et surtout comment le conserver. Ainsi, il montrera que le « Prince » doit faire un savant dosage avec la ruse et la force, symboliquement représentées par le renard et le lion, en liant la virtù et la fortune (ici dans le sens de la chance). Le peuple est ici trompé, inconscient des manigances du «prince»,sa liberté n’est pas respectée.

Au terme de cette première partie, nous avons vu qu’aucune attente de la part des sujets ne peut exister, l’homme ne s’accomplit pas dans sa société, il est aliéné, ses droits sont usurpés. Pourtant, l’homme ne doit-il pas attendre de l’Etat qu’il réponde à ses droits? Ne pouvons-nous pas dire avec Spinoza que « la liberté est le but de l’Etat» ?

C’est...
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