Dolores ibarurri

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  • Publié le : 29 mars 2011
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Huitième d'une famille de onze enfants, fille et petite- fille de mineurs, née cinq années avant le début du siècle dernier à Gallarta, ville de la province basque de Biscaye, Dolores Ibarruri, dès son plus jeune âge, rêve de devenir institutrice. Dans la petite école située au-dessus de la prison, elle dévore les livres que lui prête son institutrice, Antonia Izar.

« Comment penses-tu pouvoirdevenir institutrice alors que tes frères sont ouvriers ? » lui répète sa mère. Misère et ignorance. Dolores ne dépasse pas le cours préparatoire à l'école normale. Elle abandonne les cahiers pour les ateliers de couture puis pour les cuisines des maisons bourgeoises. « La seule issue, l'unique aspiration pour une femme dans mon village, c'était le mariage », disait-elle, avant d'ajouter : « Unevie grise, une vie d'esclave. »

Pour obtenir la main de la jeune et belle Dolores, les prétendants ne manquent pas. C'est Julian Ruiz Gabina qu'elle choisit. Un militant socialiste qui « ne savait pas danser », mais lui offrait ses premiers livres. Elle se marie à l'église de Gallarta et quitte pour la première fois son village pour Santander : un bref voyage de noces dans la famille de sonépoux avant de s'installer, non loin de là, à Somorrostro. Elle va vite vérifier la dure vérité du proverbe espagnol : « Mère ? Qu'est-ce que se marier ? Fille, c'est coudre, faire des enfants et pleurer. »

Pleurer ? Dolores Ibarruri en aura trop souvent l'occasion : la mort de deux de ses enfants en Espagne, la disparition de son fils Ruben à Stalingrad pendant la Seconde guerre mondiale,l'incompréhension de sa famille, son mari en prison pour idées subversives. « Je suis devenue socialiste à force de côtoyer l'injustice, la misère, et je n'avais pas besoin de me regarder dans un miroir pour voir combien souffraient les autres femmes », soulignait-elle.

Dolores partage les idées de son mari. 1917 va être pour elle une date décisive. Lorsqu'elle apprend la victoire de la révolutionrusse, Julian se trouve - encore - en prison. « Je ne me sentais pas seule. Cette révolution lointaine, inaccessible était réalité dans une partie du monde. »

Les responsables syndicalistes à la recherche de rédacteurs lui proposent d'écrire des articles dans leur journal « Le Mineur de Biscaye ». Dolores accepte et publie son premier « papier » pendant la semaine sainte, dite semaine de laPassion. Elle ne peut signer de son vrai nom et choisit un pseudonyme, celui qui va devenir célèbre : Pasionaria.

Dolores Ibarruri devient une collaboratrice régulière des publications ouvrières. Elle s'engage pleinement dans le combat politique en 1920, lors de la création du Parti communiste d'Espagne (PCE). Elue membre du comité provincial de Biscaye, elle participe au premier congrès du PCE.

ASomorrostro, les dames de la bonne société sont consternées. On rappelle que, quelques années auparavant, Mme Ibarruri mère entraînait sa fille à l'église San Felicismo pour l'exorciser et demandait au curé de prier en ce sens. Déjà, la jeune Dolores contestait les règles archaïques... La voilà devenue communiste. Les dames de Somorrostro veulent sauver Dolores de l'enfer. La préposée ausauvetage, épouse d'un propriétaire de mines, Mme Sebastiana Ugarte, anime la très pieuse organisation de charité « Les femmes de Saint Paul ». Or, Dolores persiste dans son engagement. Mme Ugarte connaît les ficelles : elle propose à Dolores une maison « confortable avec jardin », et aussi « un bon emploi » pour Julian. Peine perdue.

La vie est dure pour les Ruiz-Ibarruri. Comme pour tous les militantsouvriers persécutés par la dictature du général Primo de Rivera dont le fils, José Antonio, va fonder la Phalange, avant d'avoir son avenue dans toutes les villes d'Espagne comme « martyr » sans cesse célébré du franquisme. Julian subit la prison presque en permanence. S'il en sort, c'est pour enterrer dans un carton deux de ses trois filles. Heureusement, la solidarité entoure la famille....
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