Dom juan acte 5 scène 5 et 6

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  • Publié le : 27 mai 2009
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Acte 5 scènes 5 et 6

Molière n'a pas inventé le personnage de Dom Juan, il l'a emprunté à la littérature espagnole et il a repris ce thème dans cette pièce en le développant. Cette pièce a été très contestée à l'époque : Dom Juan est un noble (Dom = seigneur), il se dit athée et professe des idées matérialistes, de plus, c'est un amateur de femmes, il aime bien en changer régulièrement, il semoque de toute morale ; Il présente un personnage relativement positif malgré ses deux défauts majeurs : l'athéisme et le matérialisme, la pièce est assez ambigu et Molière ne prend pas vraiment parti ; Contrairement à son maître, Sganarelle défend la religion, c'est pourquoi il est ridiculisé comme il ne tient pas la route face à Dom Juan ; Molière traçait d'un grand seigneur un portrait devoleurs de femmes. A travers cette pièce, les nobles se sont sentis mis en cause. Cette pièce a servi de support au Don Giovanni de Mozart, et ce personnage revient encore chez Baudelaire. Dom Juan veut être pleinement lui-même.
Nous sommes à la fin de la pièce. (C'est une comédie.) Dom Juan a été invité à diner par la statue du commandeur, qui a été tué par Dom Juan lors d'un duel. On voit bien qu'ildécide d'aller jusqu'au bout, d'aller au devant de son destin, la pièce se termine par sa mort en direct.
Nous nous interrogerons tout d'abord sur ce qui fait le climat de fatalité du texte puis nous étudierons Dom Juan face à son destin.
I - Qu'est ce qui fait le climat de fatalité de ce texte ?
Dom Juan est retenu à cause de sa personne mais aussi par la statue qui emploie l'impératif :"Arrêtez", "Donnez-moi". Il ne peut donc pas s'échapper. Dieu lui envoie la sentence qu'il mérite.
La femme voilée symbolise le deuil, la mort et a quelque chose de mystérieux, de caché. Elle est comme le messager du ciel. On sait que le destin est donc prêt de s'accomplir à moins qu'il ne se repente, le dénouement et le châtiment sont imminents.
Le spectre est une allégorie du Temps ou de la mort :"représente le Temps avec sa faux à la main". Il représente ce destin, qui est là devant Dom Juan. Ce spectre est invulnérable : "le spectre s'envole" et mystérieux, indéfinissable : "spectre, fantôme ou diable".
La statue est comme un bourreau : c'est elle qui l'a invité et elle lui prend la main puis l'entraîne. Le sous-titre de cette pièce est le Festin de pierre et le mets de ce festin, c'estlui. La statue est une figure du destin. Les choses sont jouées maintenant : le conditionnel n'est plus utilisé. La statue est un messager du ciel, ceci a été reproché à Voltaire.
Le tonnerre qui tombe symbolise toute la puissance du destin, de la fatalité, Dom Juan est réduit à néant.
II - La détermination, le défi de Dom Juan
Il affronte son destin debout. Sganarelle sert à l'amener à sedéfinir encore plus et crée un contraste avec son obstination. Sganarelle est effrayé par son destin. Le verbe "ose" montre bien qu'il se sent supérieur. Il estime que c'est une audace de parler au messager du Ciel, il a même une espèce de familiarité, il se sent de plein pied avec son destin. Il refuse la dominance de son destin : "non, non", "rien n'est capable de m'imprimer", "il ne sera pas dit(...) que je sois capable de me repentir". C'est donc quelqu'un qui est incrédule, il ne croit pas a(ux) Dieu(s), c'est son affirmation matérialiste qui est exprimée par ces expressions. "repentir" fait parti du vocabulaire moral, voire religieux et le terme "miséricorde" connote la pitié, la grâce. Il refuse la grâce de Dieu parce qu'il nie son existence. Il lance un défi, mêlé de curiosités : "Jeveux voir", "Je veux éprouver". Il veut du concret et veut expérimenter, il ne se laisse pas démonté. Sganarelle en est effrayé : on le remarque à ses "Ah !" et à ses "Oh !".
Dom Juan est de plus en plus acculé par ses adversaires, pour s'en sortir, il fend cette conversation, il va avec son père, il joue avec Dieu et la religion qu'il fait semblant de croire. Son défit manifeste la liberté...