Dom juan seducteur et libertin

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  • Publié le : 15 juillet 2010
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L'histoire initiale [modifier]
Le personnage mythique de Don Juan serait né d'un fait divers[3] rapporté par la Chronique de Séville. Selon la légende, il aurait vécu au XIVe siècle : fils de l'amiral Alonso Jofre Tenorio, Don Juan Tenorio aurait tué le commandeur Ulloa dont il avait séduit la fille, et les moines du couvent où fut enterré le commandeur, outrés de cet acte, l'auraient assassinéet fait disparaître le corps, racontant ensuite qu'il avait été foudroyé par le Ciel et entraîné en enfer comme châtiment de ses fautes et de son refus de se repentir.[4]. Mais les Cronicas de Sevilla et les archives des familles Tenorio et Ulloa sont muettes. Les noms des personnages ne sont pas fictifs, il a bien existé un don Juan Tenorio, ou un don Alonso Tenorio mais nulle part il n'est faitmention d'une disparition suspecte, encore moins du miracle de la statue de pierre qui s'anime pour punir un débauché[3].
Il est beaucoup plus vraisemblable de croire que le succès de la pièce du moine espagnol frère Gabriel, plus connu sous le nom de Tirso de Molina, (qui met en scène un personnage de jeune débauché avide de jouissance, personnage assez habituel dans les comédies espagnoles desXVIe et XVIIe siècles) est à l'origine de la légende[3]. Mais ce sont les éléments surnaturels qui ont le plus contribué à la survie de cette fable dans l'imaginaire collectif[5], et à la création du mythe. Il est probable qu'il faut y voir la récupération d'un thème moral (la punition du méchant) fréquemment utilisé dans les collèges religieux ou les ballades populaires[6].
L'écriture desaventures d'un séducteur [modifier]
El Burlador de Sevilla y Convidado de piedra (Le Trompeur de Séville et le Convive de pierre) attribué à Tirso de Molina, dramaturge espagnol est publié en 1630. Repris de nombreuses fois, le texte arrive en Italie, où il est intégré à la commedia dell'arte qui ajoute le thème des mille et trois femmes, puis Molière reprend et adapte le texte en 1665[7]. Da Ponte entire un livret que Mozart met en musique, c'est l'opéra Don Giovanni, Mérimée, Byron, Dumas, Baudelaire en poésie, Montherlant et de très nombreux autres auteurs, musiciens, metteurs en scène, cinéastes, auteurs de bandes dessinées, furent fascinés par ce personnage habile et d'envergure qui défie la morale, l'ordre public, et Dieu.
Le personnage évolue légèrement avec les époques. Mais la tramede fond demeure : séduction des femmes, rejet des règles sociales et morales, défi à l'autorité et à Dieu, châtiment « exemplaire ». Cependant sur ce dernier point des différences notables apparaissent chez certains auteurs de la période romantique.
Le Romantisme crée ainsi le personnage du libertin repenti, comme dans Les âmes du purgatoire, de Prosper Mérimée, qui reprend l'histoire à demilégendaire de don Miguel Mañara[8], mort en odeur de sainteté au XVIIe siècle à Séville. Et les changements et transformations se poursuivent de nos jours : signe de l'évolution des mentalités entre les monarchies chrétiennes à vision sociale, et le monde contemporain laïc ou athée à vision individualiste[9], signe aussi de la vitalité du mythe du séducteur né, fascinant et scandaleux.
Les grandescaractéristiques du personnage chez les auteurs
Chez Molière [modifier]
* Plaisir :hédoniste, il reprend le personnage de Molina, mais de nature intrinsèquement sensuelle Don Juan ne recherche plus la simple jouissance physique ;
* Egoïsme cynique : hypocrite, cynique et froid, il manipule hommes et femmes, séduit par le discours pour faire tomber la femme qu’il désire, prometmensongèrement le mariage, déshonore les femmes ;
* Défi : fier et orgueilleux, Don Juan veut affirmer sa supériorité sur tout et tous, y compris la morale et la religion ;
* Antisocial : totalement opposé aux devoirs qu’impose la vie sociale, totalement opposé au respect de l’autre et à la charité chrétienne, bien que paradoxalement doté d'un certain sens de l'honneur ( dernière réplique de la...
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