Dom juan

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  • Publié le : 2 février 2010
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Dom Juan
Acte III, scène 2
(La scène du pauvre)

I-/ La séduction
1) Deux visions contradictoires
Cette scène permet d’opposer deux systèmes de valeurs et de les éprouver. Dans tout le début de la scène jusqu’à ce que Dom Juan décide de tenter le pauvre, celui-ci critique ouvertement un conseil qui demande à être payé en retour («ton avis est intéressé, à ce que je vois »), c’est sûrementen prévision de cette demande que Dom Juan fait preuve d’une politesse excessive (« Je te suis bien obligé, mon ami, et je te rends grâce de tout mon coeur ») peut-être ironique. Suite à ce qui lui semble être davantage un marché qu’un conseil désintéressé, il lui refuse la charité, devoir important à l’époque. Il se montre donc comme un froid raisonneur comme le souligne Sganarelle qui rappelle saphilosophie de vie par : « il ne croit qu’en deux et deux sont quatre, et en quatre et quatre sont huit ». Ainsi, chacun affirme sa vision du monde, catholique pour le pauvre et matérialiste pour Dom Juan.
2) Une nouvelle forme de séduction
Dom Juan fait d’abord preuve d’une politesse excessive afin d’amener le Pauvre à demander l’aumône. Il emploie ensuite la raillerie pour mettre à jour lespropres contradictions du Pauvre, sur lesquelles nous reviendrons.
Se met ensuite en place un dialogue proche du dialogue dialectique qui doit amener à un choix et une tension grandissante visant à faire céder le pauvre à la tentation : il le tente en parlant du Louis d’or avant de dire à quelle condition il lui donnera (« je te veux donner un louis d’or »), puis il renchérit (« Tu n’as qu’à voirsi tu veux gagner un louis d’or ou non »), insiste (« En voici un que je te donne »,« Tiens »), il lui tend ensuite et lui met quasiment dans la main, sa demande se faisant plus pressante (« Prends, le voilà »). Cette insistance est soutenue par l’emploi de l’impératif (« Tiens », « va », « prends »).
3) Un Sganarelle décidément tenté par le modèle libertin
Sganarelle qui avait présenté sonmaître comme un tyran auquel il n’obéissait que sous la contrainte trahi le fait qu’il est bel et bien tenté par l’impiété et le libertinage mais qu’il est trop pleutre pour aller jusqu’à de tels excès, c’est ce que nous laisse entendre le « jure un peu », comme s’il était possible de trouver un moyen de pécher mais pas au point de risquer un châtiment divin. De même, on peut s’interroger sur samoralité qui n’est décidément qu’une façade, quand il dit « il n’y a pas de mal », le mal ne serait pas le péché ou l’impiété mais son caractère visible et ostentatoire. Il fait contrepoint avec son maître et le valorise, car il n’a pas le courage de Dom Juan et sa piété est une forme de lâcheté, il s’accommoderait sans problème avec des compromissions pas trop voyantes pour son plaisir mais ne peut sedécider à une forme de rébellion ostentatoire de crainte du « Ciel », de l’ « Enfer » ou du « loup-garou ».
II-/ Une double épreuve
1) Une épreuve pour Dom Juan ?
Rencontre faussement fortuite où un fort symbolisme nous laisse entendre qu’après s’être perdu, Dom Juan demande au Pauvre de lui indiquer le chemin, celui qui mène à sa destination, ou celui qui mène à la rédemption ? Personnage duPauvre symbolique, presque l’allégorie de la pauvreté qui met en question la notion de charité chrétienne. C’est ce qu’indique la majuscule de son nom.
L’épreuve du Pauvre n’en serait qu’une parmi bien d’autres qui jalonnent le parcours de Dom Juan, il s’agirait de voir s’il est accessible à la pitié face au faible et s’il remplit son devoir de charité. Cette épreuve serait aussi une étape de plusdans son impiété, en marquerait un aspect supplémentaire, car s’il semble vainqueur dans l’échange du fait aussi de son statut social et de sa position, la victoire finale n’est pas de son côté.
2) Une épreuve pour le Pauvre
Finalement, c’est plutôt le Pauvre qui subit une épreuve. Il est d’abord mis face à ses propres contradictions. Tout d’abord, Dom Juan montre que l’aide du pauvre est...
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