Don juan acte 3 scene 1

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  • Publié le : 11 janvier 2010
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Antoine Derbois
Commentaire Composé
Don Juan, Acte III scène 1

Le XVIIème siècle voit naître avec Jean-Baptiste Poquelin, plus connu sous le nom de Molière, un des plus grands acteur et auteur de comédies. Après des débuts agités, Molière et sa compagnie trouve leur place au Petit Bourbon sous la protection de Louis XIV. Apres plusieurs comédies qui font sa notoriété, Molière publie LeTartuffe, qui, dès sa première représentation suscita le mécontentement de la Compagnie du Saint Sacrement qui parvint à l’interdire. En réaction à cette controverse, et également par provocation, Molière publie alors Don Juan, farce burlesque dénonçant notamment les abus de l’hypocrisie de l’Eglise ainsi que certaines valeurs des honnêtes hommes de l’époque qui ne les respectaient pas parfoiseux-mêmes. Don Juan incarne alors dans la pièce un libertin sans limites qui ne prend pas garde des différents avertissements qu’il reçoit. La tirade de Sganarelle est la suite d’un véritable interrogatoire auquel il soumet son maître, à propos des croyances ou des incroyances de ce dernier. Après avoir décrit ce en quoi il ne croyait pas, Dom Juan emploie la formule célèbre "Je crois que 2 et 2 font 4",qui marque le fait que sa seule croyance réside dans les mathématiques. Il prononce cette phrase sous forme de boutade, mais aussi avec une réelle sincérité de ton. C'en est trop pour Sganarelle qui ne contient pas son indignation. Il va ici mener ses dernières tentatives pour convaincre son maître, après épuisement des autres arguments. Un sentiment de supériorité et d’assurance anime iciSganarelle et il pense renforcer sa position par ses différents arguments, qui semblent pour lui incarner l’évidence même. Mais, par le silence de son maître, il ne tarde pas à comprendre sa déconfiture finale.
 
I) La supériorité initiale

Sganarelle est le garant de la morale traditionnelle. Il emploie volontiers des termes méprisants : "belle, beau, à ce que je vois" et des formules impersonnellesqui lui permettent de prendre ses distances : "il faut...".
Pour lui, la religion s'oppose à l'arithmétique ; or, effectivement, son maître rejette la religion chrétienne et toute métaphysique, mais pas forcément l'existence de Dieu, à qui il lance plutôt un défi.
Pour Sganarelle, la morale traditionnelle garantit le triomphe du bon sens et de la religion, assure la distinction entre le vrai etle faux ; il se livre à une parodie de sentence, arguant d'une sagesse innée, plus authentique pour lui que toute forme de sagesse acquise et par conséquent douteuse. La science (l'arithmétique par exemple) peut aveugler et on sent combien en tant qu’homme du peuple, il tire sa supériorité du caractère inné de sa foi ; d'où les oppositions lexicales entre l'abondance de négations (point, personne,jamais et la valeur négative de "petit") et les termes mélioratifs (mieux, tous, vois, comprends).

II) Des arguments logiques et évidents pour Sganarelle

Ils sont très imagés et enfantins, révélateurs de la naïveté du personnage : l'image du champignon coïncide avec le cadre (la forêt) ! C'est l'idée d'un Dieu démiurge (opposition avec l'expression "tout seul") créateur du monde en septjours (opposition avec l'expression "en une nuit"). Un argument que, justement, Dom Juan n'a pas réfuté par avance, ce qui provoque le sourire du spectateur amusé de l'agressivité sans raison de Sganarelle.
Sganarelle suppose que la force de son argumentation proviendra de l'abondance de son énumération (parodie de la période oratoire) ; il ne choisit pas ses exemples : il les trouve à l'endroitmême où se situent les deux personnages (repères spatiaux importants) et dans sa propre personne : Sganarelle est un homme concret, qui ne conçoit pas d'images mentales mais raisonne sur ce qu'il voit.
L'exemple de la machine humaine prouve, selon lui, que l'homme n'est pas né ex nihilo, pas plus que l'ensemble de l'univers : mais son raisonnement n'aboutit à rien ; le jeu de scène peut montrer...
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