Dossier lala

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 6 (1464 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 13 mai 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
L’arme qui fait ce texte une véritable dénonciation reste, bien sûr, l’ironie macrostructurale qui permet une lecture et une interprétation subtile. L’ironie se retrouve dans l’antiphrase : « douce liberté ». Mais elle s’appuie aussi sur des antithèses jouant l’opposition entre la liberté et l’interdiction, Figaro fait en effet état de la « liberté sur la vente des productions, qui s’étend même àcelles de ma presse » et renchérit par « je puis tout imprimer librement » avant de multiplier les conjonctions « ni » dans une polysyndète soulignant les restrictions appliquées à cette prétendue liberté : « et que, pourvu que je ne parle pas en mes écrits ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l’Opéra, ni desautres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose » et « sous l’inspection de deux ou trois censeurs ». Il joue également, lors de cette énumération, sur l’opposition entre le général des domaines qui ne doivent être évoqués (« autorité », « culte », « politique », « morale ») et le particulier en désignant vaguement des personnalités qui pourraient (« autres », « personne », « quelque chose», « deux ou trois »). L’aspect totalitaire de la censure est ainsi dénoncé de façon comique car si l’on revient sur l’énumération, on ne peut pas écrire sur : le pouvoir politique et religieux et ses représentants (classique) mais aussi sur la morale et les arts ce qui prouve une extrême rigueur de la censure, rigueur soulignée à nouveau par l’expression imprécise : « personne qui tienne àquelque chose », soit personne tout court ?
La difficulté d’être écrivain rejoint le fait qu’il évolue dans une société dans laquelle on ne peut être libre et encore moins exprimer librement ses pensées. Cela est visible à plusieurs reprises dans le texte notamment par la disproportion entre les effets et les causes lors de la première tentative littéraire de Figaro. En effet, il « broche » unecomédie, ce qui implique une notion de rapidité, d’écrit bâclé, mais face à un geste empreint de légèreté (évoqué par le verbe brocher et par le choix d’un genre comique), Figaro rencontre une réaction immédiate (« à l’instant ») et disproportionnée, dont l’excès est souligné par l’épitrochasme (énumération) suivant : « j’offense dans mes vers la Sublime-Porte, la Perse, une partie de la presqu’île del’Inde, toute l’Egypte, les royaumes de Barca, de Tripoli, de Tunis, d’Alger et de Maroc ». L’idée d’excès se retrouve dans l’hyperbole « s’élever contre moi mille pauvres diables à la feuille ».
De même, l’évocation par une périphrase (« baisser le pont d’un château fort, à l’entrée duquel je laissai l’espérance et la liberté ») de la prison suppose et laisse encore entendre une réaction trèsprompte, comme le confirme l’adverbe « sitôt ».
Même lorsqu’il s’agit de formuler le désir de dénoncer l’absence de liberté d’expression : « Que je voudrais bien tenir […] Je lui dirais… », il faut le mettre à distance en usant d’une hypothèse et en ayant le recours au conditionnel. Il utilise ensuite des sentences (noèmes) pour dénoncer la censure dans un concentré d’idées essentielles quand il ditque « les sottises imprimées n’ont d’importance qu’aux lieux où l’on en gêne le cours », que « sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » et qu’ « il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits ». Face aux idées fondamentales et libertaires se trouvent les censeurs désignés par une périphrase qui réduit leur pouvoir à quelques jours et montre leur petitesse,soulignant ainsi la disproportion entre leur absence de réelle importance et le rôle de tout puissant qu’ils jouent néanmoins : « un de ces puissants de quatre jours, si légers sur le mal qu’ils ordonnent, quand une bonne disgrâce a cuvé son orgueil ».
En premier lieu, Figaro critique une société qui ne reconnaît pas l’importance du savoir : c’est ce qu’il souligne quand il oppose « J’apprends la...
tracking img