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  • Publié le : 6 avril 2011
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Éthique et société

Le corpus de textes étudié comprend l'extrait d'un essai nommé «Une éthique pour la nature», et un article, «La science en question», extrait de la revue Le Débat, sortie en 2004.
Le premier extrait, paru en 1992, se présente comme un interview entre Matthias Matussek et Wolfgang Kaden d'une part et l'auteur de l'essai, Hans Jonas. Philosophe allemand du XX ème siècle,Hans Jonas étudia auprès de grands noms de la philosophie comme Heidegger, Husserl ou Bultmann. Cet érudit juif réalisa d'ailleurs une thèse doctorale sur la gnose avant de fuir l'Allemagne nazi d'Hitler.(6) Après s'être engagé dans la Brigade Juive en Palestine, Hans Jonas finit par s'installer à New-York où il se fit connaître grâce à ses travaux en philosophie de la biologie. Mais l'ouvrage quifit la renommée du philosophe fut le «Principe Responsabilité» dans lequel il analysa les conséquences du progrès scientifique et proposa une éthique de la responsabilité envers les générations futures et envers la nature.(9)
Le second article est celui du physicien français, Étienne Klein, qui est aussi l'actuel directeur de recherches au Commissariat à l'Énergie Atomique. Diplômé d'un DEA enphysique théorique, il a ensuite effectué un doctorat en philosophie des sciences, qu'il enseigne à présent à l'École Centrale de Paris. Etienne Klein a déjà participé à d'important projets comme la conception du collisionneur européen mais il est aussi l'auteur de nombreux ouvrages tels que «Les tactiques de Chronos» ou «La science nous menace t'elle?». Il appartient par ailleurs au Conseild'Analyse de la Société et au conseil scientifique de l'Office Parlementaire d'Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques.(9)

L'interview de Hans Jonas soulève le problème du rapport de l'homme à la nature dans notre société moderne. Face à l'«issue fatale» de la crise écologique actuelle, comment faire évoluer le rapport des civilisations technisées à leur environnement?

HansJonas évoque la nécessité d'une nouvelle éthique envers la nature et les générations futures. L’avis du philosophe sur cette question est que l’homme, même s'il a pris conscience de son impact néfaste sur la nature, n’a pas pour autant changé son mode de vie mais que tout espoir en ce sens n’est pas vain. Les journalistes et Hans Jonas vont alors aborder différentes « solutions » ou idées,envisageables pour remédier à cela. Il défend notamment «un principe responsabilité»(4) qui engagerait l'homme dans une existence moins individualiste et le pousserait à se soucier des conséquences de ces actes sur les générations suivantes et sur l'environnement dans lequel elles évolueront.

Le philosophe appuie d'abord la nécessité d'une telle éthique sur le constat de l'état actuel du rapport del'homme à la nature. En effet, malgré une récente prise de conscience de son action catastrophique sur son environnement, la «faculté d'agir»(4) de l'homme n'aurait pour autant pas évolué. L’homme aurait gardé ses habitudes de vie et la situation se serait même aggravée car il aurait été accoutumé à toujours plus de modernité, plus d’avancées technologiques auxquelles il serait de moins en moinsprêt à renoncer. Hans Jonas désigne cette passivité comme due à une certaine banalisation de la surexploitation de la nature spécifiquement dans les sociétés industrialisées. Ainsi, les «habitudes de vie» inadéquates des occidentaux se présenteraient comme un des principaux freins à la modification collective des comportements. Cette passivité serait aussi due à l'incapacité de l'homme à se projeterdans l'avenir et à agir sous la pression d'une menace qui lui paraît encore lointaine comme le souligne la métaphore : «on ne prend la fuite que lorsque l'éruption volcanique s'est déclenchée».(4) Hans Jonas dénonce également le paradoxe des sociétés actuelles qui créeraient en permanence des besoins factices nuisant fatalement à la pérennité de la nature qui est, elle, d'une nécessité...
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