Dossier sur la dyspraxie

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  • Publié le : 10 mai 2010
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Introduction

Maladroit, brouillon ou même fainéant : voilà les adjectifs dont se retrouve affublé l’enfant atteint de dyspraxie, un trouble de la coordination motrice. Longtemps méconnu, ce mal atteint pourtant 3 à 6% des jeunes, sous différentes formes. Tous les gestes qui nous semblent simples et naturels représentent pour lui un effort considérable de concentration. Les gestes ne sontjamais automatisés, contrairement à nous qui pouvons effectuer deux ou trois tâches en même temps sans avoir besoin de se concentrer particulièrement. Voyons plus en détail ce qu’est la dyspraxie et les difficultés qu’elle entraîne, puis intéressons nous à la manière dont la législation prend en compte ce handicap, et enfin voyons quels dispositifs pédagogiques peuvent être mis en place pouraider l’enfant à progresser.

I-La situation de handicap

I-1-Définition de la dyspraxie

1) Qu’est-ce qu’un enfant dyspraxique ?
a) Définition
La dyspraxie est une altération de la capacité à exécuter de manière automatique des mouvements déterminés, en l'absence de toute paralysie des muscles impliqués dans le mouvement. Il existe différentes formes dedyspraxies. Celle qui nous intéresse ici est la dyspraxie constructive visuo-spatiale qui associe un trouble dans l’organisation du geste, un trouble du regard (l’enfant a du mal à explorer un espace fixe) et un trouble de la construction de la spatialisation. Le sujet doit contrôler volontairement chacun de ses gestes, ce qui est très coûteux en attention, et rend la coordination des mouvementscomplexes de la vie courante extrêmement difficile, donc rarement obtenue. L’enfant dyspraxique est un enfant anormalement « maladroit », qui ne peut organiser les gestes qu’il conçoit pourtant bien et dont toutes les réalisations motrices ou graphiques sont médiocres, informes, brouillonnes. La dyspraxie est un handicap peu connu, qui concernerait pourtant 3 % à 6 % des enfants. Contrairement à ce quenous pouvons penser, trois quarts des enfants qui sont atteints de ce handicap ne sont pas diagnostiqués. Elle passe souvent inaperçue, car invisible, mise parfois sur le compte d'un retard intellectuel ou de la mauvaise volonté de l'enfant.
Mais c’est un enfant vif, curieux, intelligent et très bon à l’oral. Il aime participer aux conversations et connaît beaucoup de choses. Il a laplupart du temps une culture générale très étendue, et possède une excellente mémoire. Il apprend facilement et avec plaisir.
b) Le retard graphique
La dyspraxie inclut souvent une dysgraphie (trouble de l’écriture). Le retard graphique est constant, durable et très important. Il constitue une gène scolaire considérable même si des progrès sont à noter avec le temps, maisil restent toujours insuffisants. Les retards essentiels sont les suivants :
• Dessins pauvres ;
• Eléments graphiques non acquis à 5-6 ans (ronds, carrés, croix, triangles…) ;
• Retard dans l’écriture du prénom ;
• Ecriture cursive très retardée (voir inexistante) ;
Le graphisme manuel est lent, malhabile, grossier, plus ou moins lisible. Quand l’enfant doit souligner ouentourer, il rature souvent, il ne sait pas tracer les obliques. Ses cahiers sont sales, brouillons, mal tenus. Il ne sait pas utiliser certains outils (règle, ciseaux, gomme, compas, équerre…).

2) Quelques précisions médicales
a) Les causes de la dyspraxie
Ce handicap s’observe dans deux contextes différents :
• Lorsqu’il y a des lésions cérébralesplus ou moins localisées (Infirmité Motrice Cérébrale (IMC), enfant prématuré à la naissance, accident vasculaire cérébral, traumatisme crânien, …) : la dyspraxie peut être isolée ou associée à d’autres séquelles neurologiques. On parle alors de « dyspraxie lésionnelle ».
• Chez des enfants sans aucun antécédent pathologique, qui, pour des raisons encore obscures, ne construisent pas...
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