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Le modèle alimentaire
Eloge de la cuisine et du repas,
du plaisir et de la convivialité

français
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www.lemangeur-ocha.com - Maggy Bieulac-Scott - OCHA. La question alimentaire, Paris, 2008, 48 pages

Etymologie Savoir et saveur : en français, ces deux mots ont la même étymologie, ils viennent du latin «sapere»

Manger aujourd’hui
Jean-Pierre Poulain, Ocha / Privat, 2001, 236 pagesEdition revue 2008

MANGER AUJOURD’HUI
Attitudes, normes et pratiques
JEAN-PIERRE POULAIN

Les repas, normes et pratiques
On sait bien qu’entre ce que l’on considère qu’il conviendrait de faire et ce que l’on fait, il y a une différence. Dans le premier cas, on déclare ce qui est la norme dans l’idéal, c’est-à-dire sans tenir compte des contraintes du quotidien. Dans le second cas, on estdans la réalité des pratiques. JeanPierre Poulain s’est intéressé à ces décalages entre normes et pratiques. Dans une étude réalisée pour le Cniel, l’Ocha et la Direction Générale de l’Alimentation et dont il analyse les résultats dans Manger aujourd’hui, il a demandé à un échantillon représentatif de Français quelle était la composition d’un vrai petit déjeuner, d’un vrai repas de midi, d’un vraidîner. Plusieurs questions plus loin, il a demandé aux personnes interrogées ce qu’elles avaient réellement consommé le jour de l’interview ou la veille au petit déjeuner, au déjeuner, au dîner. Il constate que les vrais repas et les repas réellement consommés n’évoluent pas selon les mêmes rythmes et ne sont pas influencés par les mêmes critères. Pour le déjeuner, la norme reste en majorité(62%) le repas complet : entrée/plat garni/fromage/ dessert ou entrée/plat garni/dessert ; inversement, dans les pratiques, la même majorité (63%) a consommé un repas simplifié (plat et dessert à 33%). Contrairement au déjeuner, le dîner se simplifie autant dans les normes que dans les pratiques : seulement 35% des personnes interrogées considèrent qu’un vrai repas du soir est un repas complet à troiscomposantes.
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Plus simple, plus naturelle, moins gastronomique : c’est ce que répondent les Français quand on leur demande comment leur alimentation a évolué au cours des dernières années. Ce qui ne les empêche pas d’accorder une grande importance à la cuisine et au repas. De toutes les études de l’Ocha, il ressort que, en France, cuisiner c’est donner et le repas c’estpartager. Ou, dit autrement, il y a des façons de manger qui ne sont pas vraiment manger, comme en témoigne cette phrase d’une jeune femme française relevée par Estelle Masson : «Quelquefois, quand j’ai des courses à faire, je ne mange pas à midi, mais alors, je m’achète un truc à la boulangerie que je mange dans la rue, sinon j’ai faim.» Les repas se simplifient mais ils se maintiennent dans desplages horaires très stables et restent fortement socialisés. Le dîner est perçu comme le pivot de la vie familiale. L’Insee publie en 2007 des chiffres sur le dîner qui confirment les résultats d’études antérieures de l’Ocha, de l’Inpes et du Credoc.

Pour Thibaut de Saint Pol, du Centre de recherche en économie et statistiques de l’Insee, «ce dîner qui reste sacré et ritualisé, alors qu’il esten voie de disparition dans les autres pays européens, sauf chez les Hollandais et les Flamands, a des conséquences directes sur le corps et la santé. Ce n’est sans doute pas par hasard si les Français, et en particulier les Françaises, ont la corpulence la plus faible d’Europe.» 31

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Lemodèle alimentaire français

La valorisation de la cuisine en corrélation inverse avec le surpoids et l’obésité
Il est particulièrement intéressant de constater que, en France, les régions où l’on observe le moins de surpoids et d’obésité sont aussi celles où l’on constate les représentations les plus positives associées à « faire la cuisine ». À l’inverse, les régions où l’incidence du surpoids...
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