Douleur

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  • Publié le : 11 janvier 2010
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Maintenant. Maintenant est un mot qui me parait loin, nébuleux, insensé. Parce que l’actuel n’est plus moi depuis toi. Maintenant que la douleur se fait plus sourde,mais plus profonde, plus éteinte mais plus brûlante, plus lente mais plus étendue. Comme une vielle douleur sage qui agit avec conscience et acquis. Je la porte en moicomme un enfant dont je ne mettrais jamais bas. Elle a laissé les pleurs, les cris animaux, les séismes fous, les plaintes mugissantes, la catastrophe et se manifestedésormais sous forme d’absence, de silence, de contraction discrètes, de pleurs muets, de regards aveugles, de rires sourds. Et je déteste qu’elle se cache en moiainsi, comme une lâche, qu’elle se mue en moi avec malice et qu’elle se joue de moi. Je la désire comme dans les premiers temps, violente, haineuse. J’ai encore envie dem’écrouler par terre, d’en avoir le souffle couper, de me mordre, de gémir, de m’arracher les cheveux. Je ne tolère pas sa pacification, certes le mal est le même, ilcontinue de frapper, fidèle. Mais elle, elle semble s’endormir, et je veux la réveiller, la provoquer, lui hurler de me bouffer, de me ronger les sangs les tripes, de metorturer. C’est inconcevable qu’elle est fanée si vite, qu’elle ait maintenant le timbre d’un caisson et non plus celui d’un crissement strident. Le tour qu’elle me joueest injuste car elle le sait, je veux avoir mal, plus, plus, plus car mes rires sont injustes, mes sourires sont vils, mon cœur qui bat est une faute.
Et c’est pourpouvoir respirer encore, avec un peu moins de honte et plus de pudeur que je l’invoque, que je la prie. Pourvu qu’elle n’écoute pas le bonheur si il l’implore…
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