Douter est ce renoncer a la vérité?

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  • Publié le : 26 février 2009
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Douter, est-ce renoncer à la vérité ?

En considérant le doute comme un état de l’esprit correspondant à la suspension d’un jugement et la vérité comme l’aboutissement de la connaissance fondée sur des critères d’objectivité et d’absolu, pouvons-nous réellement affirmer que douter n’est autre que renoncer à la vérité ? Car il semblerait que le doute, remettant en cause les fondements mêmes detoute connaissance, anéantisse l’accès à la vérité puisqu’aucune définition universelle n’est reconnue pour vraie, et qu’aucun jugement n’est permis. Mais affirmer cela n’est ce pas donner au doute une forme trop catégorique ? N’y a-t-il pas une nuance à établir en fonction qu’il s’agisse d’un doute sceptique dans lequel le jugement est suspendu de façon définitive ou d’un doute méthodique qui luiest là pour tenter d’établir une vérité en excluant toute connaissance douteuse, voire fiable afin de tendre vers la connaissance absolue ? De nouveau, la question de la vérité se pose, car n’est il pas déraisonné de ne douter qu’une fois et d’en conclure une vérité indubitable alors que la connaissance est fondée d’abstractions ? Comment avoir la certitude que tous les jugements incertains ontbien été pris en compte et exclus si l’homme ne remet pas en cause à chaque instant cette vérité en doutant ? Le doute serait-il alors le moyen le plus probant de se rapprocher de la vérité la plus pure ? Nous verrons donc dans une première partie, le doute s’apparentant au scepticisme qui, lui, tient pour subjective toute approche de la réalité et ainsi incertaine la connaissance que l’on peut enavoir. Douter c’est alors manifestement renoncer à la vérité car c’est une finalité. Dans une seconde partie nous aborderons la vision cartésienne selon laquelle le doute est un moyen de recherche de la vérité, la suspension du jugement n’est la que pour tenter d’atteindre des connaissances vraies. Puis dans une dernière partie, nous prendrons appui sur la théorie dogmatique afin de mettre enévidence que toute vérité repose sur un travail constant de recherche et de remise en question dont la principale condition est le doute.

          

  En appréhendant la vérité comme une connaissance universelle et absolue de la réalité qui nous entoure, et en assimilant le doute a un état de l’esprit où le sujet ne peut choisir et suspend son jugement de façon définitive, force est deconstater que le doute et la vérité sont incompatible de par leur source même. Douter peut se définir comme une incapacité d’accès à la vérité. Lorsque l’on doute, on remet en cause les idées préétablies sans pouvoir apporter une conclusion autre. Si le doute s’installe chez l’homme, on peut à priori le considérer comme un renoncement à la connaissance vraie car le sujet se trouve dans l’impossibilitéde fonder son jugement sur les critères absolus et universels qu’il remet justement en cause. Le doute revêt ici une acception bien particulière relevant du scepticisme. Ce courant de pensée réfute la possibilité pour l’homme de parvenir à une quelconque certitude en ce qui concerne la réalité qui l’entoure. Les premiers sceptiques, Pyrrhon et Sextus Empiricus prônaient la théorie selonlaquelle, ni par les sens, ni par la raison, nous ne pouvons avoir accès à la vérité. Tout d’abord car les sens sont trompeurs puisqu’ils portent sur l’accidentel et le particulier, et parce que la raison est capable de démontrer des propositions contraires: « à tout argument s’oppose un argument égal » dit alors S. Empiricus dans Hypotyposes pyrrhoniennes. Il est également important de nuancer cettethèse par l’approche plus modérée de Hume. Il part également du principe selon lequel le rapport à la réalité est subjectif car elle est perçue au moyen des sens. Le texte de Hume dans enquête sur l’entendement humain met cette perspective en évidence : « les sens sont seulement des guichets à travers lesquels ces images sont introduites, sans qu’ils soient capables de produire un rapport immédiat...
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