Droit et devoir

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  • Publié le : 11 avril 2011
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Problème classique : y a-t-il un droit du plus fort ? non, montre rousseau (du contrat social, début). Il n’y a qu’une domination temporaire de fait (jusqu’à ce qu’une force plus grande prenne la place) et non une contrainte légitime.
Toutefois, sans la force, le droit n’est rien (cf Pascal) . car il faut une force constituée légitimement pour faire appliquer le droit. On définit d’ailleurs larègle de droit comme une règle coercitive, c’est à dire qui contraint.

Nous connaissons tous dans notre vie quotidienne une forme de droit. Etymologiquement, le terme droit vient du latin directus qui signifie « sans courbure ». le substantif « droit » trouve aussi son origine dans un ensemble géométrique et renvoie à la norme. Le droit désigne ce qui est conforme à une règle. Le droit estalors le légitime. Il s’incarne ainsi dans les lois qui gouvernent notre société et ceux qui font des études de droit étudient en définitive le système juridique et les lois. Il existe en effet un lien indissoluble entre le droit et la loi. Alain définit dans les arts et les dieux le droit : « le droit est un système de contrainte générale et réciproque, fondé sur la coutume et sur le jugement desarbitres, et qui a fin d’accorder l’idéal de justice avec les nécessités de la situation humaine. » On reconnaît généralement que le droit est né de la nécessité de régler les relations entre les hommes. Le droit dès lors ne semble avoir de sens que dans une communauté d’hommes, dans une société. On pourrait donc dire que le droit s’incarne dans la justice d’un pays et qu’avoir le droit, c’est fairece qui est autorisé par les lois. Il semble justement que le droit se soit institué pour les interrompre le règne de la force et de la violence qui semblait être la normale dans l’état de nature, avant toute société. La force désigne avant tout un pouvoir d’agir, une énergie qui meut les corps. Elle modifie l’état de mouvement ou de repos d’un corps. Ainsi, la force de gravité désigne ainsi leslois qui soumettent un corps à la pesanteur et à un mouvement particulier. Mais il s’agit plutôt ici d’une troisième signification que l’on utilise de manière générale, par exemple quand on dit que quelqu’un a acquis quelque chose par la force. La force est aussi une contrainte ou pouvoir de contrainte. Si on utilise la force, c’est que nous ne sommes pas dans notre droit et que nous ne pouvons pasacquérir quelque chose de manière légale. Il semble donc dans un premier temps que le droit et la force ne soient pas compatibles. Le terme « opposer » marque effectivement une différence complète et marque généralement une notion d’obstacle. Or, le droit d’oppose à la loi parce qu’il l’enfreint. Mais ne peut-on pas penser que le droit lui-même est une force, dans le sens où il nous oblige, qu’ilnous contraint à agir d’une telle manière ? De plus, la loi n’est-elle pas simplement respectée par la punition, c’est-à-dire par une force de répression ? Le droit peut-il tenir sans la force ? Mais une loi respectée par la force est-elle juste ? Ne faut-il pas essayer de concevoir une loi sans force ?

I/ Le droit se substitue à la force
1. Etat de nature et institution du droit
Notreconscience proteste spontanément contre la confusion du droit et de la force. Nous voyons bien une distinction entre ce qui est juste et conforme à une règle et le droit comme contrainte souvent physique. Ainsi tout le monde conviendra que je peux avoir raison, être dans mon droit et cependant être vaincu par la force d’autrui.
Pour Rousseau, là où la force règne, le droit n’est pas ou n’est qu’uneillusion. Il développe cette thèse dans le chapitre III du livre I du Contrat Social. Il tente de montrer ironiquement les conséquences de l’assimilation du droit à la force. Dès le début du texte, Rousseau distingue deux plans : le plan du fait et le plan du droit, le plan de ce qui est de ce qui doit être. Le droit relève du second parce qu’il institue des règles pour que la morale soit...
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