Droit

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L'abstention

http://www.scienceshumaines.com/index.php?lg=fr&id_dossier_web=26&id_article=4447

L'abstentionBruno Cautrès
Comment évolue- t-elle ? Comment l'expliquer ? Des intermittents du vote ?
Comment évolue- t-elle ?Si l'on s'en tient aux élections organisées depuis la proclamation de la Ve République, en 1958, on constate, à partir des années 80, un décrochage dans laparticipation électorale : l'abstention est de 34,3 % au premier tour des élections législatives de 1988 (qui font suite, il est vrai, aux présidentielles) et passe la barre des 50 % lors des élections européennes de 1989 (51,3 %). Cependant, on n'assiste pas à une progression linéaire et inéluctable de l'abstention. Ainsi, la participation remonte lors des élections régionales et cantonales de 1992,lors du référendum sur le traité de Maastricht la même année et lors des élections européennes de 1994, où l'on repasse sous la barre des 50 %. En France, l'abstention reste liée à la nature du scrutin, à sa place dans un cycle électoral et au contexte politique. L'élection présidentielle mobilise traditionnellement plus que les autres (hormis l'élection présidentielle de 1969). Mais cette électionest à son tour touchée par le contexte de montée de l'abstention, de doute sur la capacité des grands partis à faire face aux problèmes socioéconomiques et de crise de confiance dans les élites politiques. A cet égard, la dernière élection présidentielle est riche d'enseignements : le niveau très élevé de l'abstention au premier tour et la remontée de la participation au second tour (+ 8,1 points)illustrent bien qu'indépendamment de la tendance structurelle à plus d'abstention, il y a place pour des élections à plus forte mobilisation en fonction des enjeux et contextes politiques. Paradoxalement, le retour à un niveau d'abstention élevé lors des élections législatives de 2002 montre bien que les électeurs font aujourd'hui le tri et peuvent se mobiliser ou s'abstenir selon l'acuité del'enjeu.
De manière générale, les élections législatives, pour lesquelles les Français se mobilisaient un peu plus sous la IVe République (mais en l'absence d'élection présidentielle), connaissent des niveaux d'abstention qui varient beaucoup selon le contexte. Sous la Ve République, le pourcentage d'abstentionnistes lors de ces scrutins est affecté par les conjonctures : plus élevé lorsque desélections fortement mobilisatrices se sont tenues juste avant ou peu de temps après ; plus faible lorsque le clivage droite/gauche est affirmé (en 1978 par exemple).
Ces tendances se retrouvent lors des élections locales et notamment les élections cantonales où les niveaux de l'abstention peuvent être très élevés : 51 % (premier tour) en 1988, 39,6 % en 1994, 39,6 % en 1998 et 34,5 % en 2002 (maisavec un net recul en 1992 : 29,3 %). Les élections municipales mobilisent également moins aujourd'hui : 30,6 % d'abstention au premier tour en 1995 et 32,6 % en 2001.
Reste un cas un peu à part, celui des élections européennes. En France, l'abstention n'a cessé de progresser aux scrutins européens, avec une exception en 1994 (on est passé de 39,3 % en 1979 à 57,3 % d'abstention en 2004). Plusfondamentalement, les élections européennes sont, en France comme dans la plupart des autres pays européens, considérées tant par les partis que par les électeurs comme des élections de « second ordre ». Elles constituent pour l'opposition et les citoyens un moyen de « sanctionner » le gouvernement et reposent largement sur un prisme électoral national.
La France ne fait pas totalement exception enEurope. La tendance à plus d'abstention est presque partout présente (hormis les pays où le vote est obligatoire comme la Belgique) : les élections législatives de 2001 au Royaume-Uni n'ont mobilisé que 59 % de l'électorat. Dans la plupart des pays européens, le contexte, le caractère plus ou moins ouvert de la compétition électorale, la place de tel scrutin dans un cycle électoral peuvent jouer...
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