Du contrat social - rousseau

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  • Publié le : 13 mars 2010
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Du contrat social, ou Principes du droit politique
Jean-Jacques Rousseau, 1762

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Avertissement
Ce petit traité est extrait d’un ouvrage plus étendu, entrepris autrefois sans avoir consulté mes forces, et abandonné depuis longtemps. Des divers morceaux qu’on pouvait tirer de ce qui était fait, celui-ci est le plus considérable, et m’a paru le moins indigne d’être offert au public. Lereste n’est déjà plus.

[pic]Livre I

|1.1 Chapitre 1.1 Sujet de ce premier livre |
|1.2 Chapitre 1.2 Des premières sociétés |
|1.3 Chapitre 1.3 Du droit du plus fort|
|1.4 Chapitre 1.4 De l’esclavage |
|1.5 Chapitre 1.5 Qu’il faut toujours remonter à une première convention |
|1.6 Chapitre 1.6 Du pacte social|
|1.7 Chapitre 1.7 Du souverain |
|1.8 Chapitre 1.8 De l’état civil |
|1.9 Chapitre 1.9 Du domaine réel |Je veux chercher si, dans l’ordre civil, il peut y avoir quelque règle d’administration légitime et sûre, en prenant les hommes tels qu’ils sont, et les lois telles qu’elles peuvent être. Je tâcherai d’allier toujours, dans cette recherche, ce que le droit permet avec ce que l’intérêt prescrit, afin que la justice et l’utilité ne se trouvent point divisées.
J’entre en matière sans prouverl’importance de mon sujet. On me demandera si je suis prince ou législateur pour écrire sur la politique. Je réponds que non, et que c’est pour cela que j’écris sur la politique. Si j’étais prince ou législateur, je ne perdrais pas mon temps à dire ce qu’il faut faire ; je le ferais, ou je me tairais.
Né citoyen d’un État libre, et membre du souverain, quelque faible influence que puisse avoir ma voixdans les affaires publiques, le droit d’y voter suffit pour m’imposer le devoir de m’en instruire : heureux, toutes les fois que je médite sur les gouvernements, de trouver toujours dans mes recherches de nouvelles raisons d’aimer celui de mon pays !

Chapitre 1.1 Sujet de ce premier livre

L’homme est né libre, et partout il est dans les fers, Tel se croit le maître des autres, qui ne laissepas d’être plus esclave qu’eux. Comment ce changement s’est-il fait ? Je l’ignore. Qu’est-ce qui peut le rendre légitime ? Je crois pouvoir résoudre cette question.
Si je ne considérais que la force et l’effet qui en dérive, je dirais : « Tant qu’un peuple est contraint d’obéir et qu’il obéit, il fait bien ; sitôt qu’il peut secouer le joug, et qu’il le secoue, il fait encore mieux : car,recouvrant sa liberté par le même droit qui la lui a ravie, ou il est fondé à la reprendre, ou on ne l’était point à la lui ôter ». Mais l’ordre social est un droit sacré qui sert de base à tous les autres. Cependant, ce droit ne vient point de la nature ; il est donc fondé sur des conventions. Il s’agit de savoir quelles sont ces conventions. Avant d’en venir là, je dois établir ce que je viensd’avancer.

Chapitre 1.2 Des premières sociétés

La plus ancienne de toutes les sociétés, et la seule naturelle, est celle de la famille : encore les enfants ne restent-ils liés au père qu’aussi longtemps qu’ils ont besoin de lui pour se conserver. Sitôt que ce besoin cesse, le lien naturel se dissout. Les enfants, exempts de l’obéissance qu’ils devaient au père ; le père, exempt des soins qu’il...
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