Du droit du plus fort - rousseau

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  • Publié le : 27 juin 2010
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Commentaire de texte : du droit du plus fort

Cette analyse, riche de références et de citations, propose une réflexion claire du problème posé par Rousseau : la force fait elle le droit ?

PLAN
Introduction
I force et droit : deux concepts antithétiques
La force ne donne aucun droit, le vrai droit naît du consensus entre les hommes.
Alors qu’on obéit à un devoir, on subit la violence.II la force comme source d’un pouvoir fragile.
Quand un individu prend le pouvoir par la force, son autorité est vouée de facto à disparaître, car plus le temps passe, plus l’homme s’affaiblit, et perd de sa puissance.
III l’auteur dénonce la passivité des hommes, qui se complaisent dans le rôle de victime
Les hommes ne cherchent plus à combattre la tyrannie de ceux qui veulent s’imposer parla force. Ainsi trouve-t-on, dans nos sociétés contemporaines, de nombreux exemples de pouvoirs légitimés par la force.
Conclusion

Thèmes abordés : société, nature, justice, Etat, politique, fatalisme

Texte : « Du droit du plus fort », Du Contrat Social, J.J. Rousseau

« Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit, et l’obéissanceen devoir. De là le droit du plus fort ; droit pris ironiquement en apparence, et réellement établi en principe. Mais ne nous expliquera-t-on jamais ce mot ? La force est une puissance physique ; je ne vois point quelle moralité peut résulter de ses effets. Céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté ; c’est tout au plus un acte de prudence. En quel sens pourra-ce être un devoir ?Supposons un moment ce prétendu droit. Je dis qu’il n’en résulte qu’un galimatias inexplicable ; car, sitôt que c’est la force qui fait le droit, l’effet change avec la cause : toute force qui surmonte la première succède à son droit. Sitôt qu’on peut désobéir impunément, on le peut légitimement ; et, puisque le plus fort a toujours raison, il ne s’agit que de faire en sorte qu’on soit le plusfort. Or, qu’est-ce qu’un droit qui périt quand la force cesse ? S’il faut obéir par force, on n’a pas besoin d’obéir par devoir ; et si l’on n’est plus forcé d’obéir, on n’y est plus obligé. On voit donc que ce mot de droit n’ajoute rien à la force ; il ne signifie ici rien du tout.

Obéissez aux puissances. Si cela veut dire : Cédez à la force, le précepte est bon, mais superflu ; je répondsqu’il ne sera jamais violé. Toute puissance vient de Dieu, je l’avoue ; mais toute maladie en vient aussi : est-ce à dire qu’il soit défendu d’appeler le médecin ? Qu’un brigand me surprenne au coin d’un bois, non seulement il faut par force donner sa bourse ; mais, quand je pourrais la soustraire, suis-je en conscience obligé de la donner ? Car, enfin, le pistolet qu’il tient est une puissance.Convenons donc que force ne fait pas droit, et qu’on n’est obligé d’obéir qu’aux puissances légitimes. »

COMMENTAIRE DE TEXTE: « Du droit du plus fort », Rousseau

Max Weber définit l’Etat comme « le monopole légitime de la violence ». L’Etat, c’est à dire l’ensemble des institutions qui règlent et encadrent la vie en commun d’une population, ne tire-t-il en effet l’essence de son pouvoir qued’une domination d’un groupe d’individus par un autre, grâce à l’usage de la violence, de la force physique (Armée, Police, Justice) ? Ou est-ce que l’autorité de l’Etat n’émane-t-elle pas d’un consensus au sein du peuple, d’une volonté commune à tous, dite « volonté générale », comme le décrivent les théoriciens du « Contrat social » (Rousseau, Hobbes, Locke...) ?
L’Etat n’est-il alors que la formela plus aboutie de la loi du plus fort, ou plutôt, du consensus politique ?
Telle est la question à laquelle Jean-Jacques Rousseau, auteur des Lumières, connu pour ses engagements politiques, tente de répondre dans son ouvrage Du Contrat Social, publié en 1762. Après avoir abordé le « Contrat » ou « Pacte social », ayant pour but de rendre l’homme souverain et pilier de l’Etat, Rousseau...
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