Ebauche module 5

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  • Publié le : 13 avril 2011
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Je vais vous parler d’une situation que j’ai vécue lors de mon deuxième stage au cours de ma formation d’aide-soignant, qui s’est fait dans un service de soins de longue durée, fermé, en milieu hospitalier. C’était mon stage « Personnes âgées ou handicapées ». Par soucis de secret professionnel, je présenterai la patiente sous le nom de Madame X.

Le premier jour, en arrivant dansl’établissement, la cadre de santé me présente le service ainsi que le personnel soignant. Dans les couloirs, on croise une patiente, qui marche à l’aide d’un déambulateur : Madame X. Je lui souris et lui dis « Bonjour ! ». Madame X me répond, en vociférant et en hochant la tête de droite à gauche « Je n’te parle pas ! Je n’te connais pas ! ». Surprise et peut être un peu déçue, je continue de longer le couloiren me disant que j’ai le temps de mieux la connaitre. On arrive devant mes futurs collègues et la cadre de santé raconte ce qui s’est passé à l’instant. L’équipe, voulant me rassurer : « Oh ! Ne t’inquiète pas. Madame X est comme ça ! » Et une aide-soignante rajoute « Pour ma part, il a fallu six mois avant qu’elle daigne me sourire et me parler calmement. ». Et moi qui pense : « Six mois mais jene suis dans ce service qu’un mois !! Ça promet !! ».
Les jours qui suivent ma première semaine, j’observe Madame X, tout en lui disant bonjour le matin quand je la croise, ou en lui demandant si elle a bien dormi ou encore bien mangé, … Bien entendu, j’avais droit à la même réponse.
Je remarque aussi que Madame X s’isole, reste seule, mange seule, a peu de visite voir pas du tout. Elle s’adresserarement aux autres résidents. Les rares fois sont conflictuelles, souvent c’est pour leur ordonner «  de lui foutre la paix », tout en les insultant.
J’ai du mal avec cet isolement et cette agressivité ; j’ai aussi de la peine de la voir seule alors que je pressens qu’il ne faudrait peut-être pas grand-chose et beaucoup de temps pour qu’elle se montre sous son vrai jour, que ce n’est qu’unecarapace. Qu’en fait, elle est en demande d’attention, qu’elle apprécie ses échanges mais qu’elle ne sait comment faire.
J’en parle à l’équipe qui m’encourage à lire son dossier médical et avec quelques anecdotes, j’ai pu avoir des renseignements sur ses habitudes de vie avant l’arrivée dans le centre. Madame X vivait avec son mari, dans une petite maison de pierre, en plein milieu de la campagne,dans le haut var. Ils n’ont pas eu d’enfant. Ils n’avaient ni eau courante, ni électricité. A son arrivée, Madame X était sale, couverte de puce. Ses habits raccommodés par d’autres morceaux de tissu et ses souliers en mauvais états.
Il a fallu plusieurs mois pour que Madame X veuille faire une toilette le matin, qu’on lui change d’habit régulièrement et qu’elle se montre « sociale » avec l’équipesoignante en disant merci ou même en leur tendant la main.
J’ai aussi remarqué qu’après le repas du midi, on autorise Madame X à se promener dans l’enceinte de l’établissement ou encore dans le jardin et donc qu’on lui ouvre les portes de l’ascenseur (qui sont fermées par un code digital) : il n’y a pas de risque de fugue.
Pendant ma deuxième semaine, je continue les civilités avec Madame Xtout en gardant mon sourire. Les deux premiers jours, sa réponse est encore la même, je lui réponds gentiment « Ce n’est pas grave, moi, je vous connais. ». Le midi, après le repas, je lui propose d’ouvrir la porte de l’ascenseur. Elle me répond « Mmm ! », avec un haussement de tête, tout en se dirigeant vers l’ascenseur. Souvent, j’accompagne mon geste par « Bonne promenade ! » « Attention, il aneigé cette nuit, couvrez-vous bien, il fait froid ! ». Elle me regarde, répond par une grimace et souvent suivi d’un « Pfffff ! » mais elle boutonne sa veste !!!
Je suis contente, même si nos échanges verbaux sont encore brusques, elle me laisse l’approcher et écoute mes conseils. Et surtout, elle me reconnait.
Le lundi matin de la troisième semaine, je croise Madame X dans le couloir. Elle...
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