Echec du plan schlieffen

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  • Publié le : 25 avril 2011
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Le comte Von Schlieffen, en charge du grand Etat-Major allemand, de 1891 à 1906, a préparé une organisation minutieuse destinée à battre la France en six semaines.
Comme la frontière Est de la France a été fortifiée par Séré de Rivière (Verdun, Toul et Belfort), il n’y a qu’une solution praticable pour obtenir une victoire rapide :
  Passer par la Belgique, voire par le Limbourg hollandais.Schlieffen écrivait dans ses mémoires : « C’est par le secteur Mézières - Dunkerque que nous devons pénétrer dans la forteresse France. Nous devons attaquer sans cesse les Français dans leur flanc gauche et chercher sans répit à les refouler vers le Jura et la Suisse. »
  Laisser les Français s’enfoncer dans les provinces perdues en 1870 pour les attaquer de dos : « Laissez les Français s’enfonceren Alsace - Moselle et reprendre totalement pied dans leurs anciennes provinces ; laissez les passer le Rhin ; laissez les s’enfoncer jusqu’en Forêt Noire, s’il le faut. Plus ils s’enfonceront vers l’Est, plus leur anéantissement sera garanti. »
Le plan final est d'avoir un front défensif en Prusse orientale contre les Russes avec 10 % des effectifs et une attaque avec 90 % des effectifs sur laFrance en violant la neutralité belge. Dans ce contexte, il est si intéressant de s’interroger sur l’échec du plan Schlieffen.
Un plan peut paraître vicié dès le départ, mais se révéler excellent à la manœuvre ; inversement, un bon plan peut être irrémédiablement gâché par un mauvais emploi de ses principes de bases sur le terrain. C'est dans cette dernière hypothèse qu'il faut voir l'échec de lamanœuvre allemande. La stratégie imaginée par Schlieffen était morte, non pas à cause d'un défaut de conception ou de planification initiale, mais de la mauvaise utilisation de ses principes.
Pour le bien fondu de cette position, seront passés en revue les stratégies allemande et française, ensuite les négligences de la fonction logistique et enfin les modifications apportées au plan Schlieffen.I- STRATEGIES : Allemagne/FRANCE
Selon le plan Schlieffen, les armées allemandes, en envahissant la France, ne doivent pas s’arrêter à Paris, mais infléchir leur marche vers l’Est, refoulant les forces françaises vers la frontière, où doit les attendre l’Etau des armées allemandes postées plus au Sud.
Les plans militaires français en prévision de la guerre sont loin d’être aussiambitieux, mais ils présentent une qualité commune essentielle : la priorité faite à l’offensive. Durant toutes les années d’avant, qui suivent 1871, les stratèges français réfléchissent en termes de défense. Des forts ont été construits tout au long de la frontière avec l’Allemagne pour repousser l’envahisseur avant de se porter vers l’avant. Mais en 1914, l’offensive prévaut et l’impétuosité etl’enthousiasme passent pour être le secret de la victoire française.
Joseph Joffre, prévoit, selon son plan 17, de faire marcher les Armées du centre jusqu’aux provinces perdues d’Alsace-Loraine, de repousser les allemands jusqu’au Rhin, puis par une conversion par le nord, de couper les lignes de communication des allemands arrivant par le sud de la Belgique.
Ce changement de stratégie, a faussé lescalcules au allemands, qui, non seulement ont ignoré cette option française, mais ont opéré des changements dans le plan Schlieffen.
II- NEGLIGEANCE DE LA LOGISTIQUE
En réalité, le plan Schlieffen n’est pas viable. Schlieffen, en effet, a négligé les questions de logistique et de transport qui seules auraient permis, bien étudiées, d’assurer les chances de succès de ce plan audacieux.
* Toutau plus, l’époque des moissons choisie pour le déclenchement de l’attaque allemande permet-elle un maigre ravitaillement des soldats durant leur marche vers le sud.
* Les précieux chevaux de somme, dont dépend l’approvisionnement en armes, périssent par milliers, de faim et d’épuisement.
* De plus, les distances énormes parcourues par les armées de l’aile droite du Kaiser minent la...
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