Echec sommet du g 20

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  • Publié le : 14 décembre 2010
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ECHEC EN DEMI-TEINTE DU G20
La guerre des monnaies continuera

«Le dollar est notre monnaie et votre problème.» John Connally s’adressant aux Européens en 1973
Les 11 et 12 novembre a eu lieu la réunion du G20 institué en 2008 suite à la faillite de banques américaines dont la fameuse Lehmann Brothers. Cette nouvelle réunion s’est achevée sur un consensus mou; chacun est d’accord sur le boutdes lèvres avec naturellement beaucoup de non-dits. «Entre-temps, écrit Julie de la Brosse, quatre G20 se sont tenus pour changer les règles de l’économie mondiale. Avec un succès mitigé...Pour limiter la spéculation sur les changes ou les matières premières, certains Etats ont aussi relancé l’idée d’une taxe sur les transactions financières. Mais ils se sont heurtés aux mêmes difficultés: cellesde parvenir à un consensus global, sans lequel le système mis en place est inefficace. Autre sujet se heurtant aux égos nationaux des géants du G20, la guerre des monnaies qui concentre actuellement toutes les inquiétudes. Aujourd’hui, de nombreux économistes mettent en garde les grandes puissances du G20 contre la renaissance du protectionnisme (746 mesures qui nuisent aux échanges internationauxauraient été prises depuis le premier G20 selon les économistes de Global Trade Alert).»(1)

Les Américains à la peine
Pascal Riché nous explique brièvement les enjeux du sommet de Séoul: depuis quelques jours, on ne parle que de cette «guerre des monnaies» dont le G20 (les vingt pays qui représentent 90% de l’économie mondiale) serait le champ d’opérations. Qu’appelle-t-on la «guerre desmonnaies»? Cette guerre-là n’est pas très nouvelle. Les grands pays industrialisés «s’affrontent» à coups de dévaluations compétitives: plus leur monnaie baisse, plus cela dope les exportations et, sur leur marché, plus cela freine les importations de produits étrangers au profit de produits concurrentiels nationaux. Dans cette «guerre», les Européens ne vont pas vraiment vers la victoire: depuisjuin, l’euro a grimpé de 13% par rapport au dollar et de 10% par rapport au yuan chinois. Les Américains peinent à relancer leur machine, dont le moteur est la consommation et l’investissement intérieurs (les exportations étant un moteur accessoire). La Réserve fédérale décide donc de déverser des liquidités pour soutenir l’économie. Elle a ainsi décidé de racheter pour 600 milliards de dollars debons du trésor. S’il y a plus de monnaie, sa valeur baisse, la valeur du dollar baisse donc face aux autres monnaies. Les monnaies asiatiques, à commencer par le yuan, évoluent dans le sillage du dollar: quand il baisse, les autorités monétaires chinoises baissent aussi leur monnaie, pour ne pas subir de conséquences fâcheuses sur leurs exportations. Elles vendent donc du yuan contre des dollars pourmaintenir la parité entre les devises des deux pays. L’euro, lui, trinque. Il grimpe contre toutes les autres monnaies. L’euro est géré avec une philosophie allemande: on ne joue pas avec la monnaie. Le seul objectif de la Banque centrale européenne est de maintenir un bas taux d’inflation. Voilà comment l’Europe se transforme en dindon de la farce. Les Américains, eux, suivent une politique quileur est chère, le «benign neglect» (douce insouciance): ils se satisfont de la baisse du dollar, qui est bonne pour leur économie. La réserve fédérale américaine a pour objectif officiel de poursuivre une politique monétaire aboutissant au plein emploi. La Banque centrale européenne de juguler l’inflation. Il me semble que chacun essaie d’atteindre ses objectifs respectifs. Outre la paritémonétaire, la Chine est surtout détentrice massive de dollars. Elle n’a donc aucun intérêt à voir sa valeur baisser, d’autant qu’elle a manifesté une relative bienveillance à l’égard des États-Unis en rachetant tout aussi massivement ses bons du trésor.(2)
Pour Jean Matouk, la guerre des monnaies a de tout temps existé: «Les guerres de monnaies se sont succédé dans l’Histoire soit pour dominer la...
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